Il repoussa loin de lui le vieillard, s'élança hors de la chambre et escalada les degrés comme un furieux.
«Guillaume! Guillaume! cria le juif en courant après lui. Un mot, un mot seulement!»
Il n'aurait pas eu le temps d'échanger un seul mot avec le brigand, si celui-ci ne s'était trouvé dans l'impossibilité d'ouvrir la porte; il était là, jurant et blasphémant quand le juif le rejoignit tout essoufflé.
«Laissez-moi sortir, dit Sikes. Ne me parlez pas, si vous tenez à la vie. Laissez-moi sortir, vous dis-je.
- Un mot seulement, reprit Fagin en posant sa main sur la serrure… Ne soyez pas…
- Quoi? dit l'autre.
- Ne soyez pas… trop violent, Guillaume, dit le juif avec des larmes dans la voix.»
Le jour commençait à poindre, et il faisait assez clair pour que les deux hommes pussent se voir; ils échangèrent un rapide coup d'oeil; leurs yeux brillaient d'un éclat sinistre; il n'y avait pas à se méprendre sur leur pensée.
«J'entends par là, dit Fagin, jugeant inutile de déguiser plus longtemps sa pensée, que vous ne devez pas être trop violent… par prudence: de la ruse, Guillaume, et pas d'esclandre.»
Sikes ne répondit rien, mais poussant vivement la porte dès que le juif eut tourné la clef dans la serrure, il s'élança dans la rue déserte.