Olivier se leva, traversa la chambra et se baissa pour prendre la cruche; quand il se retourna, la boîte avait disparu.
Il avait à peine fini de se laver et de remettre tout en ordre, en vidant, par ordre du juif, la cuvette par la fenêtre, lorsque le matois rentra, escorté d'un jeune ami qu'Olivier avait vu la veille au soir occupé à fumer, et qui lui fut présenté sous le nom de Charlot Bates. Puis on se mit à table; le déjeuner se composait de café et de petits pains chauds, avec du jambon que le Matois avait rapporté dans le fond de son chapeau.
«Eh bien! dit le juif en s'adressant au Matois et en regardant malicieusement Olivier; j'espère, mes amis, que vous êtes allés ce matin à l'ouvrage?
- Roide, répondit le matois.
- Oui, une rude besogne, ajoute Charlot Bates.
- Vous êtes de braves garçons, dit le juif; qu'est-ce que tu as rapporté, Matois?
- Deux portefeuilles, répondit le jeune homme.
- Garnis? demanda le juif avec anxiété.
- Pas mal, répondit le Matois en exhibant deux portefeuilles, l'un vert et l'autre rouge.
- Ils pourraient être plus lourds, dit le juif, après en avoir soigneusement visité l'intérieur, mais ils sont tout neufs et d'un bon travail; c'est d'un habile ouvrier, n'est-ce pas, Olivier?