—Pour la besogne, répondit Sikes. Ainsi dites ce que vous avez à dire.
—Au sujet de cette maison à Chertsey, Guillaume? dit l'autre rapprochant sa chaise et parlant très bas.
—Oui, après? demanda Sikes.
—Ah! vous savez bien ce que je veux dire, mon cher? dit le juif. Il sait bien ce que je veux dire, n'est-ce pas, Nancy?
—Non, y n'sait pas! dit en ricanant Sikes. Ou bien y n'veut pas, c'qu'est à peu près la même chose. Parlez franchement. Nommez les choses par leur nom! Quand vous serez là à cligner de l'œil et à tourner autour du pot, comme si vous n'étiez pas le premier qui a eu l'idée de ce vol? Expliquez-vous!
—Chut, Guillaume, parlez plus bas! dit le juif essayant en vain de calmer son ami, on va nous entendre.
—Eh bien! qu'on nous entende, reprit Sikes, j'm'en moque pas mal!
Il paraît cependant qu'après réflexion il ne s'en moquait plus, car il devint plus calme et parla bien moins haut.
—Là là, dit Fagin, c'était seulement par prudence, et rien de plus, mon cher. Maintenant, au sujet de cette maison à Chertsey, quand doit-on se mettre à la besogne, hein, Guillaume? Quand doit-on s'y mettre? Tant d'argenterie, mes enfants! tant d'argenterie? poursuivit-il se frottant les mains et levant les yeux au plafond, transporté de joie à l'avance, à l'idée du butin.
—N'faut plus y penser, répondit froidement Sikes.