—N'faut plus y penser! répéta le juif se laissant aller sur le dos de sa chaise,

—Non, n'faut plus y penser, reprit Sikes. Du moins ça n'est pas chose facile que nous l'espérions.

—Alors, on ne s'y est pas bien pris! répliqua le juif pâle de colère. Ne nous dites pas . . .

—Et moi, j'veux justement vous dire! s'écria l'autre. Qui êtes-vous donc, qu'on n'puisse pas vous parler? J'vous dis qu'il y a quinze jours que Toby Crackit traîne ses guêtres autour de la place, et il ne peut parvenir à mettre un des domestiques dans nos intérêts.

—Voulez-vous dire, Guillaume, reprit le juif s'adoucissant à mesure que l'autre s'échauffait, qu'aucun des deux domestiques ne puisse être persuadé?

—Sans doute que c'est c'que je veux dire, et c'est comme je l'dis, repartit Sikes. Il y a vingt ans qu'y sont au service de la vieille, et on leur donnerait cinq cents livres sterling qu'y r'fuseraient d'entrer dans le complot.

—Oui, mais voulez-vous dire aussi, Guillaume, qu'il n'y a pas moyen de faire en sorte que les femmes soient des nôtres? demanda le juif.

—Pas le moins du monde, répondit Sikes.

—Pas même par le moyen du flambant Toby Crackit? dit le juif d'un air de doute. Vous n'ignorez pas ce que sont les femmes, Guillaume!

—Eh bien! non; pas même par le moyen du flambant Toby Crackit, repartit Sikes.