—Quoi! s'écria le juif se levant précipitamment de sa chaise.

—Comment cela? dit Toby en pâlissant. Vous ne voulez pas dire? . . .

—Je ne veux pas dire! s'écria le juif frappant du pied avec fureur sur le plancher. Où sont-ils, Sikes et l'enfant? où sont-ils? . . . où ont-ils été? où se cachent-ils? pourquoi ne sont-ils pas venus ici?

—Le coup a manqué, dit Toby d'un air triste.

—Je sais cela! repartit le juif tirant un journal de sa poche et lui montrant du doigt l'article en question. Après?

—Ils ont tiré et ont atteint le moutard. Nous avons joué des jambes à travers les haies et les fossés avec le petit entre nous deux. Nous allions aussi vite que le vent. Ils nous ont fait la chasse. Damnation! tout le pays était sur pied et les chiens à nos trousses! . . .

—L'enfant? dit le juif d'un air effaré.

—Guillaume l'avait pris sur ses épaules et filait avec lui; nous nous sommes arrêtés pour le prendre entre nous deux, sa tête penchait sur sa poitrine et il était froid comme marbre. Ils étaient sur nos talons: chacun pour soi et sauve qui peut! . . . Nous avons été chacun de notre côté, et nous avons laissé là le moutard couché dans un fossé. Mort ou vivant, c'est tout ce que j'en sais.

Sans laisser à Toby le temps de se reconnaître, le juif jeta un cri perçant en s'arrachant les cheveux et s'élança de la chambre sur l'escalier et de l'escalier dans la rue.

XXVI. —Un mystérieux personnage paraît sur la scène. —Particularités inséparables de cette histoire.