—Oui, répondit brusquement l'inconnu. Voilà deux heures que vous me faites droguer là! Où avez-vous donc été?

—À vos affaires, mon cher, dit le juif ralentissant le pas et regardant son compagnon d'un air embarrassé, j'ai trotté pour vous toute la nuit.

—Oh! sans doute, reprit l'inconnu d'un air moqueur. Eh bien! qu'y a-t-il de nouveau?

—Rien de bon, dit le juif.

—Rien de mauvais, j'espère? dit l'autre s'arrêtant tout court et regardant son compagnon d'un air surpris.

Fagin eût bien voulu se dispenser de recevoir un visiteur à une heure aussi indue, et s'excusa en disant qu'il n'y avait pas de feu chez lui; mais son compagnon réitérant sa question d'un ton d'autorité, il ouvrit la porte et pria celui-ci de la refermer doucement tandis qu'il irait chercher de la lumière.

—Il fait aussi noir que dans un four, dit l'inconnu faisant quelques pas à tâtons. Dépêchez-vous! Il n'y a rien que je déteste autant que de rester dans l'obscurité.

—Fermez la porte, murmura Fagin de l'extrémité du passage.

Au même instant elle se ferma avec un grand bruit.

—Ce n'est pas moi qui ai fait cela, dit l'homme en cherchant son chemin. Le vent l'a poussée, ou bien elle s'est fermée d'elle-même; c'est l'un ou l'autre . . . Dépêchez-vous d'apporter de la lumière, que je n'aille pas me casser la tête contre quelque chose dans cette maudite cassine!