[3] Ainsi qu’en sera aisément convaincu le lecteur par la suite de ce récit, Dickens tombe encore ici dans l'exagération. Qu'un enfant soit maltraité, méprisé, persécuté parce qu'il est né de parents indignes et dans des conditions malheureuses, assurément cela est de toute injustice, puisque lui est innocent. Mais de ce que, par suite de cette circonstance, il trouve dans ce monde des obstacles qu’un enfant né d'une véritable famille honnête n’a pas à vaincre, en conclure contre l'inhumanité des hommes et leurs institutions et leurs lois, c’est de la déraison, c’est le renversement de tout ordre social, c’est la démoralisation décrétée en 1793.

[4] Quelque fondée que puisse être particuliérement en Angleterre la défaveur attachée au nom de juif, nous ne saurions approuver cette qualification continuellement appliquée ici à un type de scélératesse. Il n’y a pas seulement que des juifs dans les tavernes de bandits et les bagnes. Le fils d’Israël croit à Dieu, à l’immortalité de l'àme etc. Donc, englober tous les juifs dans la même accusation à cause de quelques exceptions, c’est exagérer, plus que cela, c’est manquer de justice. Fagin est étranger a toute croyance; mieux valait par conséquent, et ce n’eût été calomnier aucune croyance, simplement l'appeler l'Apostat ou le Rénégat, etc. Pareil être doit s’attendre à tout.

[5] Moulin mis en action par des hommes.

[6] Assises qui se tiennent quatre fois l’année pour juger certaines causes civiles ou criminelles.

[7] Un des principaux marchés de Londres.

[8] Dickens omet toujours d’indiquer une condition première, pourtant un moyen indispensable pour arriver à la perfection d’Olivier. Que quoique né d’une mère coupable, cet enfant aime et pratique cependant la vertu dans un certain degré, cela se peut, cela se voit quelquefois. Mais que la nature seule produise cet effet sans l’aide d'aucune espèce de religion (Dickens est muet sur ce point), que ce fruit particulier et divin de la prière et de la grâce naisse et grandisse ainsi de lui-même, comme une production spontanée de la nature, c’est faux, c’est contraire à l'expérience de chaque jour.

[9] Pour peu que le lecteur connaisse de romans protestants, il ne s’étonnera pas que toujours le beau rôle, la vertu la plus pure, soient le lot des pasteurs ou ministres. Cette façon de soutenir l’erreur est une sorte de calomnie qui n’est pas sans effet. Heureuse encore cette Eglise abhorrée qu’ils appellent papisme, si quelques-uns de ses prêtres ou religieux n’y figurent pas comme d’hypocrites scélérats.