—Oui, repartit Noé. —Oh! à propos, Monsieur, ma maîtresse m'envoie demander à M. Bumble s'il pourrait venir un moment à la maison pour fouailler Olivier, vu que mon maître est sorti.

—Certainement, mon garçon, certainement! dit le monsieur au gilet blanc d'un air gracieux. Et, passant sa main sur la tête de Noé, qui était plus grand que lui de trois pouces pour le moins: Tu es un bon garçon, un bien bon garçon, ajouta-t-il. Tiens, voilà un sou pour toi. Bumble! courez de ce pas avec votre canne chez Sowerberry, et voyez vous-même ce qu'il y a de mieux à faire. Ne le ménagez pas, Bumble, entendez-vous?

—Non, Monsieur, répliqua l'autre ajustant un fouet qui s'adaptait au bout de sa canne, et dont il se servait pour infliger des corrections paroissiales.

—Dites à Sowerberry de ne pas l'épargner non plus. On n'en fera jamais rien que par les coups, dit l'homme au gilet blanc.

—Je n'y manquerai pas, Monsieur, reprit le bedeau.

Pendant ce temps la canne et le tricorne ayant été ajustés chacun en son lieu et place, à la satisfaction de leur commun maître, M. Bumble et Noé Claypole se rendirent en toute hâte vers la demeure de Sowerberry.

La situation des affaires ne s'était pas améliorée. M. Sowerberry n'était pas encore de retour, et Olivier continuait de donner des coups de pied dans la porte du cellier avec une égale vigueur. Le rapport fidèle que firent Charlotte et madame Sowerberry, au sujet de la férocité de l'enfant, fut d'une nature si alarmante, que M. Bumble jugea prudent de parlementer avant d'ouvrir la porte. En conséquence il y donna lui-même un coup de pied, en manière d'exorde, et, appliquant ses lèvres au trou de la serrure, il dit d'un ton grave et imposant:

—Olivier!

—Ouvrez-moi la porte, vous! répondit l'enfant.

—Reconnais-tu bien cette voix, Olivier? demanda le bedeau.