Il avait à peine fini de se laver et de remettre chaque chose à sa place, après avoir conformément aux ordres du juif vidé la cuvette par la fenêtre, lorsque le fin Matois rentra accompagné d'un de ses amis, jeune gaillard qu'Olivier avait vu la veille la pipe à la bouche, et qui lui fut présenté avec toutes les formalités voulues comme étant le sieur Charlot Bates. Chacun se mit à table et mangea avec le café des petits pains tout chauds et du jambon, que le Matois avait apportés dans le fond de son chapeau.
—Eh bien! dit le juif jetant sur Olivier un regard malin, en même temps qu'il s'adressait au Matois, j'espère que vous avez été à l'ouvrage ce matin, les amis!
—Un peu, mon neveu! répondit le Matois.
—Hardis comme des pages! reprit Charlot.
—Allons! allons! vous êtes de bons enfants! de bien bons enfants! dit le juif. Qu'est-ce que tu as rapporté, toi, Jack?
—Deux agenda, répondit celui-ci.
—Garnis, hein? demanda le juif avec empressement.
—Pas mal, répliqua le Matois, tirant de sa poche deux agenda dont un rouge et l'autre vert.
—Pas aussi lourds qu'ils le devraient, dit le juif après avoir examiné le dedans avec une scrupuleuse attention. Du reste, c'est très propre et fait dans le soigné.
—C'est d'un habile ouvrier, n'est-ce pas, Olivier?