Reprise des pourparlers entre Kiev et Petrograd

Le Gouvernement provisoire sentit alors le besoin de ne pas s’aliéner tout à fait l’Ukraine. Trois de ses membres: Kerensky, Tseretelli et Terechtenko viennent à Kiev avec mission de prendre contact avec la Rada et signer un arrangement à l’amiable. Les deux partis arrivent à un accord enregistré dans un Second Universal, mais non ratifié par le Parlement de Petrograd qui trouve trop grandes les concessions accordées aux Ukrainiens par ses délégués. Les Cadets donnent en bloc leur démission.

A Kiev, l’on est très loin d’être satisfait et l’irritation contre les Grands-Russiens est si vive que les fusils partent tout seuls. A la gare, une échauffourée sanglante a lieu entre les soldats du régiment ukrainien Bogdan-Khmielnitski et un escadron de cuirassiers russes.

Une délégation de la Rada présidée par Vinnitchenko se rendit alors à Petrograd pour faire ratifier officiellement l’accord conclu à Kiev. Kerensky commit la maladresse de faire traîner les choses en longueur au lieu de tenir rigoureusement ses promesses. Aussi l’Instruction du 18 août, qui devait mettre fin au conflit, ne fait que redoubler le mécontentement des Ukrainiens.


Le Coup d’État des Bolcheviks

Les choses en étaient là quand les maximalistes renversèrent, le 7 novembre, la République socialiste et nationale de Kerensky avec la même facilité que la Révolution libérale avait balayé, le 12 mars, l’autocrate Nicolas II.

Simple rapprochement: Le 5 novembre, deux jours avant le coup d’Etat de Petrograd, l’Autriche, par l’intermédiaire de la Russie, proposait aux Alliés d’entamer des pourparlers de paix. Ce pouvait être la fin de la guerre à brève échéance. Les Bolcheviks prenaient donc le pouvoir, la veille du jour où l’Autriche allait abandonner son alliée et sa complice.

Qu’est-ce donc que ces Bolcheviks tout d’abord connus sous le nom de maximalistes?