En attendant la réalisation de leur autonomie, les Ukrainiens exigeaient:

La reconnaissance des droits de la langue ukrainienne à un usage libre dans les institutions sociales et administratives du pays;

La nomination aux emplois administratifs de personnes connaissant les mœurs et les coutumes du pays et familières avec la langue du peuple ukrainien;

L’introduction de la langue ukrainienne dans l’enseignement primaire et une ukrainisation progressive des écoles secondaires et supérieures dans les gouvernements ukrainiens.


Démêlés de la Rada avec le Gouvernement provisoire

Nommée en avril, la Rada choisit en juin des ministres, qui sous le nom de commissaires généraux, doivent gouverner l’Ukraine jusqu’à la réunion de la Constituante ukrainienne dont les élections se feront en décembre 1917, et envoie à Petrograd une députation dans le but d’obtenir l’autonomie immédiate des douze gouvernements qui constituent l’Ukraine.

La réponse dilatoire du Gouvernement provisoire, ses soupçons injurieux et le refus de Kerensky, Ministre de la Guerre, d’autoriser un Congrès militaire ukrainien, exaspéra le sentiment national. Le Congrès eut quand même lieu à Kiev, le 8 juin 1917, et réunit plus de 2.000 délégués des soldats.

Ce fut un beau jour pour la nouvelle capitale.

Dès le matin, de grands rassemblements se forment en différents points de la ville et se concentrent dans le krechtchatik, la plus belle rue de Kiev, où ils défilent en un immense cortège. A midi, aux accents de la Marseillaise, et aux applaudissements frénétiques d’une foule enthousiaste, le drapeau rouge de la Révolution qui flottait sur la Douma municipale est amené et remplacé par le drapeau jaune et bleu de l’Ukraine. Une manifestation assez tumultueuse se déroule ensuite au pied du monument de Bogdan Khmielnitski.