Le lendemain 19, la Rada centrale publia, sous le nom d’Universal, sa première proclamation où étaient formulés les droits du peuple ukrainien. Le Gouvernement provisoire prit peur et adressa à l’Ukraine un appel qui amena une sorte de trêve, devenue nécessaire d’ailleurs par les préparatifs de l’offensive qui va se déclancher quelques semaines plus tard, sur le front de la Galicie.
Visites de Français à Kiev
C’est alors que Kiev reçut la visite d’Albert Thomas et de Kerensky.
Tous deux avaient entrepris de visiter tout le front russe et en particulier le front gallicien, pour y relever les courages défaillants et enthousiasmer les troupes pour l’offensive qui, de l’avis de tous, devait donner le coup de grâce à l’adversaire et amener la paix à brève échéance.
Albert Thomas assista à plusieurs meetings pendant son court séjour à Kiev et au Club des Commerçants, où une réunion monstre avait été organisée, il se fit traiter d’impérialiste par les camarades socialistes auxquels il sut d’ailleurs répondre avec son esprit coutumier.
Aux Français qui lui furent présentés dans les salons du Consulat, il affirma la confiance du peuple français dans la victoire finale, et les chargea de remercier toute la colonie française pour le bon combat qu’elle soutenait loin de la patrie.
Kerensky prononça, lui aussi, plusieurs discours qui furent vivement applaudis; mais il était bien tard pour lancer à une offensive victorieuse des soldats qui avaient perdu toute discipline et tout respect pour les officiers.
Presque en même temps que M. Albert Thomas, la colonie française de Kiev eut à fêter la mission sanitaire qui arrivait directement de France, avec un personnel et un matériel des plus importants. Elle y venait installer deux hôpitaux pour le soulagement et la guérison des blessés et des malades russes et prouver au monde médical de Kiev que la médecine et la chirurgie françaises ne le cédaient en rien à la chirurgie et à la médecine allemandes.
Elle reçut partout le meilleur accueil et les salons kiévois, ukrainiens, russes, polonais ou israélites, se disputent à l’envi l’honneur de posséder les médecins et les officiers français.