— Elle paraît inattaquable, rectifiait hypocritement le secrétaire. Mais résistera-t-elle à l’assaut ?

— Lequel ?

— Celui du prince. Voyez-le. Il n’est occupé que d’elle ! Voilà un homme qui ne changera jamais.

— Croyez-vous ? répondait l’attaché autrichien avec une négligence affectée. Les résolutions du prince Hugo sont prises et bien prises. Il peut avoir une passade, un caprice, un « béguin », comme on dit là-bas, mais il y en a pour vingt-quatre heures ! Après, il n’y songera plus.

— Vingt-quatre heures, murmurait Wogenhardt, comme avec une lourde mélancolie, il n’en faut pas davantage pour faner une fleur, même quand elle est de France.

— Et surtout de Provence ! concluait méchamment le comte Ardessy.

Le docteur Oberstag, médecin du Palais, étant survenu, ils parlèrent aussitôt d’autre chose.

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Le mariage de Baghzen-Kretzmar et de l’archiduchesse devait être célébré vers la mi-juillet. En dépit des protestations assez timides de la fiancée, robes et trousseau avaient été commandés à Paris.

Hugo avait voulu Paris, l’avait exigé. A Paris, on avait du charme, de l’élégance et du chic. A Paris seulement, on savait s’habiller. Il voulait que les toilettes de sa femme fussent dignes de sa réputation d’homme élégant.