— Que vous adorerez… combien de temps ?
— Toute la vie ! car, entends-tu, brute ? si elle y consent, cette petite, je l’épouse !
— Prince ! Que dirait l’Empereur ?…
— Je m’en moque ! Je suis encore assez riche pour faire ce que je veux et je ne serai point le premier de ses filleuls ayant pris la clef des champs. Pour ce que le métier de prince est joli ! Voyez Sérajevo ! Deux pièces au tableau !… Soupé, soupé, mon bon ami ! J’en ai soupé ! Le bonheur passe près de moi, je ne serais qu’un pleutre de le laisser échapper !
— C’est bien. Inutile de monter chez votre idole. Si Wogenhardt a sa police, moi, j’ai la mienne. Tout est prévu… Vous serez content de Basile Ardessy. Venez !…
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* *
Les malles étaient chargées sur la limousine.
La chapelle du Palais égrenait la dixième heure, lorsque Françoise, en costume de voyage, suivie de Marina, arrivait dans la cour d’honneur. Wogenhardt l’accompagnait. Son fidèle Frédéric ouvrait la portière. Elle allait monter, lorsqu’elle s’arrêta :
— J’ai une requête à vous adresser, monsieur le secrétaire. Permettrez-vous à ma fille de chambre de m’accompagner jusqu’à la frontière ? Elle tient à me faire ses adieux. L’auto que vous avez bien voulu mettre à ma disposition la ramènera ici.
— Je n’y vois nul inconvénient, Mademoiselle. En vous souhaitant bon voyage, puis-je me permettre de vous demander, lorsque vous verrez Mme d’Ambleuze, de me rappeler à son amical souvenir ?