Elle inclinait la tête en un signe d’assentiment :

— Adieu, Monsieur.

La portière claqua sur les deux femmes. L’auto partait.

— Quand arriverons-nous à Schoënfeld ? demanda, en s’installant dans la voiture, la jeune fille à la Triestine.

— Vers trois heures du matin, Signorina.

— Voilà ce qui s’appelle une journée d’émotions, conclut Françoise, faisant un effort pour paraître gaie. Qui m’eût prédit, hier, la façon dont il me faudrait quitter Son Altesse et Felsburg, m’eût trouvée bien incrédule…

— Je vous avais pourtant prévenue, Signorina !

— J’ai eu tort de ne pas vous croire.

— Ces gens sont bien méchants.

— Mais vous, petite fille, vous avez été très bonne et très loyale. Savez-vous bien, que vous m’avez sauvé la vie ? Sans ce que vous m’avez révélé, sans l’inouï de cette conversation entendue derrière un panneau, j’étais dupe des abominations machiavéliques de ces vertueux Allemands.