Le conducteur ouvrait la portière de la voiture.

— Où sommes-nous ? questionna Françoise avec anxiété…

— Chez le Comte Ardessy, Mademoiselle, répondit le chauffeur d’une voix où perçait la gouaillerie.

Et, avant que la jeune fille fût revenue de sa stupeur, Basile Ardessy, lui-même, ôtant ses lunettes de wattman, faisait descendre les deux voyageuses.

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Prise au piège, Françoise n’eut pas de défaillance. Elle comprenait que pour ne pas être l’objet du ressentiment de l’Archiduchesse, elle n’en venait peut-être pas moins de tomber dans des mains plus dangereuses encore.

Le Prince avait voulu cet enlèvement audacieux qu’Ardessy avait organisé ! Elle devinait à quel paroxysme la passion de Baghzen était arrivée pour avoir recours à un procédé aussi violent.

Bien en face, elle toisa l’Exécuteur des Basses-Œuvres.

— Sur quel ordre m’avez-vous conduite ici ?

— Je déplore de ne pouvoir vous le dire, Mademoiselle. J’ai une mission. Je l’accomplis. Vos appartements sont au premier étage de cette demeure où le moindre de vos désirs doit être un ordre.