Et Ardessy faisait chorus :

— Souvenez-vous du dicton hongrois : « Quand le vent secoue l’arbre, le fruit tombe. » Soyez le vent !

— Et même la tempête !… soulignait la Dortnoff. Cassez les branches !

— Reconnaissons, ajoutait Ardessy, qu’il y a des fruits qui ont de plus mauvaises chutes. Celui-là tombera dans un panier… royal.

— Ne va pas te méprendre, Basile, répliquait le Prince. Cette jeune fille est, somme toute, de vieille noblesse. Je n’hésiterais même pas, s’il le fallait absolument, à l’épouser. Il y a eu, dans la maison de l’Empereur, de pires mésalliances. Françoise réfléchira. Qu’elle consente seulement à me suivre et nous filons aussitôt en Espagne, où je suis maître absolu chez moi. Là-bas, j’en ferais, si bon me semble, ma femme devant Notre Sainte-Mère l’Église. Nous attendrons ensuite les événements.

— Les événements ne vous attendront pas, Monseigneur. Oubliez-vous la guerre ? L’ordre de mobilisation s’apprête.

Le Prince devenait morne. Anxieusement, il consultait son ami :

— C’est vrai. En ce cas, mon cher, que faire ?

Le Comte, haussant les épaules, faisait entendre un mauvais rire. Mais Técla intervenait, une flamme aux yeux.

— Que faire ? Mais me laisser agir. Me donnez-vous tous les pouvoirs ?