Et celui non moins précis de M. Julio Herrera?
Le caractère véridique de ces rapports a-t-il été nié, soit par le président Mitre, soit par le général Florès, soit par le cabinet de San-Christoval?
D'aucune façon.
L'auteur de l'ouvrage intitulé: le Brésil, Buenos-Ayres, Montevideo et le Paraguay devant la civilisation résume son appréciation en ces termes:
«Répétons-le une dernière fois:
»Toutes les protestations, officielles ou officieuses, des présidents, des ministres, des journaux de la triple alliance ne réussiront point à tromper l'opinion.
«Tant que M. Julio Herrera ne sera pas hautement DÉSAVOUÉ par le général-président Florès, et restera son SECRÉTAIRE PARTICULIER; tant que le colonel Palleja n'aura pas été condamné comme CALOMNIATEUR et chassé COMME TEL de l'armée orientale, leurs rapports, qui impriment une flétrissure indélébile aux chefs des armées alliées, seront tenus par tous les esprits impartiaux pour être l'expression vraie d'une indignation généreuse et justifiée.»
Est-il besoin de dire que M. Julio Herrera n'a pas été désavoué, et que le colonel Palleja, loin d'être chassé comme calomniateur de l'armée orientale, a été jusqu'au jour de sa mort un des officiers généraux de cette armée les plus méritants et les plus estimés [45].
[Note 45: ][ (retour) ] Le colonel Palleja, nommé bientôt général, a été tué à la tête de sa division, dans les combats de Tuyuty, le 18 juillet 1866.
«La ville entière, dit le correspondant du Moniteur officiel, a reçu, avec des larmes, sa dépouille mortelle.»
On ne reçoit pas ainsi la dépouille d'un calomniateur!
D'où il faut conclure que les faits horribles, articulés par ces deux officiers, restent à la charge des confédérés platéens.