Sur quels documents? sur quels titres? sur quels faits s'appuie-t-elle?
Est-ce sur les connaissances personnellement acquises dans le pays même dont on apprécie l'organisation économique?
Non pas; M. Le Long avoue qu'il n'a jamais visité le Paraguay.
Est-ce sur l'ouvrage le plus complet qui ait paru dans ces dernières années, et dont l'auteur a parcouru en tous sens les régions dont il se proposait de faire connaître l'importance [3]?
Nullement.
S'il avait lu le livre de M. du Graty, M. Le Long y aurait trouvé cette constatation, à savoir que, sous l'administration de celui qu'il appelle Lopez Ier, «la république du Paraguay prospérait visiblement; son commerce et son industrie avaient acquis une nouvelle importance; près de CINQ CENTS ÉCOLES PRIMAIRES donnaient l'instruction gratuite à plus de VINGT MILLE enfants...... et cet immense progrès matériel et moral du pays était l'oeuvre du président Lopez [4].»
[Note 3: ][ (retour) ] Dédicace de: la République du Paraguay, par M. Alfred du Graty. Bruxelles-Leipzig, 1862.
[Note 4: ][ (retour) ] Même ouvrage, page 84.
Nous ajouterons, pour notre compte, que ce même président, rendant un légitime hommage à la civilisation européenne, a envoyé de l'autre côté de l'Océan une centaine de jeunes gens, pensionnaires de l'État, pour compléter leur éducation dans les écoles universitaires de France, d'Angleterre et d'Allemagne.
Singulier moyen d'abrutir un peuple que de former des professeurs qui devront inoculer à ce même peuple les principes qui dirigent les sociétés modernes!