Cela est d'une évidence telle que, en présence des deux textes, nous défions le plus retors de nos contradicteurs de s'inscrire en faux contre notre conclusion.

Quant à la question spéciale d'intégrité territoriale, elle se trouve ainsi posée par un écrivain compétent, le Dr J.-B. Alberdi, dans un ouvrage qui contient son appréciation du conflit actuel:

«La cause de la lutte est l'intérêt pressant de la sécurité, des subsistances, du peuplement du Brésil. Pour l'Empire, c'est là une question de vie et de mort [21]

[Note 21: ][ (retour) ] les Dissensions des républiques de la Plata et les machinations du Brésil. Paris 1865. Dentu, éditeur, page 2.

Dans les conditions économiques et sociales où il traîne sa débile existence, le Brésil ne saurait obtenir cette sécurité qu'en fortifiant son intégrité territoriale.

A son tour, cette intégrité ne peut être garantie que par le maintien et, s'il y a lieu, par l'extension, au Sud, du système prohibitif qui fonctionne dans le Nord, et par une action plus directe sur les provinces impériales qui appartiennent aux régions platéennes.

C'est là, pour l'empire esclavagiste, ainsi que vient de le déclarer M. Alberdi, avec l'autorité que chacun lui reconnaît, «une question de vie et de mort» dont la solution se trouve à Montevideo.

Notre conclusion est conforme, on le voit, à celle du publiciste argentin.

Quelle que soit l'issue de la guerre qu'il poursuit contre le Paraguay, le Brésil mettra la main sur Montevideo qui est, «pour ainsi dire, son garde-manger et son magasin de vivres [22],» et dont l'occupation définitive peut seule, en lui donnant la sécurité et les subsistances, retarder pour quelque temps encore la formation de cette CONFÉDÉRATION PLATÉENNE entrevue par Rivera et Ferré, prédite, en ces termes, par le même M. Alberdi:

«Les affluents de la Plata, le Paraguay, le Paranà et l'Uruguay, unissent si fortement, dans une destinée commune, les provinces méridionales du Brésil et les contrées argentines des grands bassins fluviaux, que si l'Empire ne parvient pas à annexer ces régions à son territoire, les provinces méridionales du Brésil auront à se séparer du reste de la monarchie avant un demi-siècle, afin d'entrer dans la famille des nations de la Plata. [23]