[50] Le dieu nommé Armaz par les Ibériens, et Aramazt par les Arméniens, était le même que le Jupiter des Occidentaux; il était aussi, au moins pour le nom, l'Ormouzd des Persans. Mais celui-ci n'était, selon la doctrine de Zoroastre, que le chef des bons génies.—S.-M.
[51] Elle est nommée Mestleta par Ptolémée (l. 2, c. 11), et Mechistha par Agathias (l. 2, p. 60). On peut voir au sujet de cette ville située à une petite distance au nord de la moderne Teflis, ce que j'en ai dit dans mes Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 2, p. 181.—S.-M.
Le roi, ayant fait bâtir une église, députa à Constantin pour faire alliance avec lui, et pour lui demander des prêtres capables d'instruire sa nation. La conquête de ce royaume n'aurait pas causé autant de joie à l'empereur. Il envoya à ce prince de riches présents, dont le plus précieux était un évêque[52] rempli de l'esprit de Dieu, et accompagné de dignes ministres. La foi jeta de profondes racines en Ibérie, et elle s'y est long-temps conservée dans sa pureté, au milieu des hérésies qui l'environnaient.
[52] Selon les annales georgiennes (Voyez Klaproth, Voyage en Georgie, en allemand, t. 2, p. 160), l'évêque envoyé en Ibérie était Eustathius d'Antioche. Ce prélat, né à Side en Pamphylie, avait été évêque de Bérhée, actuellement Halep, puis patriarche d'Antioche en l'an 325. Il avait été déposé par les Ariens en l'an 331, et exilé par Constantin. On ignore le temps et le lieu de sa mort, mais on voit par le témoignage de Socrate (l. 4, c. 14), et par celui de Sozomène (l. 6, c. 13), qu'il vivait encore en l'an 370, époque à laquelle il sacra Evagrius évêque de Constantinople. C'est sans doute après son exil en 331, qu'Eustathius entreprit par l'ordre de l'empereur le voyage d'Ibérie.—S.-M.
LXVI. Établissement des Monastères.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 28.
Soz. lib. 1, c. 12, 13, 14.
[Soz. lib. 3, c. 14.]
Ce qui acheva sous Constantin d'affermir l'église et de rendre complète, pour ainsi dire, son armée spirituelle, ce fut l'établissement des monastères. Les persécutions avaient souvent fait fuir les chrétiens dans les montagnes et dans les déserts. Elles furent ainsi l'occasion de la vie solitaire. Mais cette même raison les tenait séparés les uns des autres. La paix étant rendue, ces ames célestes se réunirent; il se forma des communautés nombreuses, où les mérites de chaque membre devenaient le bien commun de tout le corps. Les déserts furent peuplés de vertus. Saint Antoine révéré de l'empereur, comme nous le verrons bientôt, rassembla le premier plusieurs disciples. Saint Pacôme fondait le monastère de Tabenne[53] dans le temps que Constantin bâtissait Constantinople. En peu de temps ces premiers plants de la vie cœnobitique se multiplièrent à l'ombre d'un gouvernement qui les protégeait; et l'on vit s'élever dans toutes les parties de l'empire ces monastères, si précieux à l'église tant qu'ils conservent la ferveur du premier institut ou de la réforme.
[53] Dans la Thébaïde.—S.-M.