Socr. l. 1, c. 20.
Soz. l. 2, c. 7.
Theod. l. 1, c. 24.
Mos. Chorenensis, Hist. Arm. l. 2, c. 83.
Klaproth, Voyage de Georgie, t. 2, p. 145-160, edit. Allem.]
[Eugénius, Essai sur l'hist. civ. et eccl. de la Georgie, en allemand, p. 76.
Klaproth, Voyage en Georg., édit. allemande, t. 2, p. 160.]
Une captive fut l'apôtre de l'Ibérie.—[Ce pays qu'on appelle actuellement Georgie, est au nord de l'Arménie, au milieu du Caucase, dont il occupe la plus grande partie. La Colchide le séparait de la mer Noire, et l'Albanie, de la mer Caspienne; une race d'homme belliqueuse et presque sauvage y habitait. Restée toujours indépendante des grands empires qui s'étaient formés en Asie, elle n'avait pas connu jusqu'alors la religion chrétienne. Après la conversion de l'Arménie, il était difficile quelle restât long-temps dans l'erreur. Plusieurs vierges chrétiennes avaient abandonné l'empire, fuyant la persécution, et elles étaient venues chercher un asyle dans ce dernier royaume; mais comme Tiridate n'avait pas encore abandonné l'idolâtrie, elles n'y trouvèrent pas plus de sécurité. Elles y vécurent cachées et dispersées, Nino l'une d'elles se réfugia en Ibérie et elle y vécut saintement[48]. Le bruit de ses vertus et les guérisons miraculeuses qu'elle opérait, ne tardèrent pas à lui acquérir la vénération du peuple, enfin, elle sauva la vie de la femme de Mihran qui était roi du pays[49]. La conversion de cette princesse permit à Nino de prêcher hautement l'Évangile, et Mihran n'y fut pas long-temps insensible. Le grand temple du dieu Aramazt ou Armaz[50], qui se voyait non loin de Mtskhitha, capitale du royaume[51], fut renversé malgré l'opposition des chefs de la ville, et Nino éleva sur ses ruines une grande croix, qui fut transportée à Pétersbourg en l'an 1801, par le prince George Bagration, mais qui fut bientôt reportée, par les ordres de l'empereur Alexandre, en Georgie où elle avait été révérée pendant une longue série de siècles comme le palladium de la monarchie. L'exemple de Mihran fut imité par tous les grands du pays; le christianisme se répandit dans toute l'Ibérie, il franchit même le mont Caucase, et par les défilés Caspiens il pénétra dans les vastes plaines qui s'étendent au nord de l'Ibérie.]—S.-M.
[48] Rufin, Socrate, Sozomène, Théodoret et aucun des auteurs qui, après eux, ont parlé de la conversion des Ibériens, n'ont fait connaître le nom de la vierge chrétienne qui fut leur apôtre. Il faut recourir aux auteurs arméniens et georgiens, pour savoir son nom et celui du prince qui régnait de son temps dans l'Ibérie. Les Georgiens appellent cette femme Nino, et les Arméniens Nouni.—S.-M.
[49] Selon les chroniques georgiennes ce Mihran, qui était devenu roi d'Ibérie en l'an 265, aurait été fils du roi de Perse. S'il fallait s'en rapporter à cette indication, dont nous n'avons pas les moyens d'apprécier l'exactitude, Mihran aurait été fils de Schahpour Ier, deuxième des princes Sassanides, qui occupaient alors le trône de Perse. Ce prince aurait fait épouser à son fils, l'héritière de la couronne d'Ibérie, à laquelle il aurait ajouté quelques provinces limitrophes du Cyrus et enlevées à l'Arménie. Voyez le Voyage en Georgie de M. Klaproth, t. 2, p. 138. (Édit. allemande).—S.-M.