[44] C'est au port d'Adulis sur la Mer-Rouge, à huit journées d'Axoum que se faisait ce commerce.—S.-M.
[45] Τῶν βασιλικῶν γραμματοφυλάκων φροντίζειν προσέταξεν. Socr., l. 1, c. 19. D'autres indications fournies par les anciens font voir qu'à cette époque, et long-temps avant, la langue grecque était souvent employée par les souverains de cette partie de l'Afrique. Il ne peut y avoir de doute sur un tel fait, des monuments publics en sont la preuve. Voyez la grande inscription grecque trouvée par M. Salt, dans les ruines d'Axoum, celle qui est rapportée dans la Topographie chrétienne du moine Cosmas (l. 2, t. 12, p. 142, Coll. nava de Montfaucon), et enfin la curieuse inscription découverte en Nubie par le voyageur Gau de Cologne, et relative à Silco, roi des Nubiens. Celle-ci a été publiée pour la première fois à Rome en 1822, par M. Niebuhr.—S.-M.
[46] Μείζονα δὲ τῆς αὐτοῦ οἰκίας, καί τῶν χρημάτων ἐπίτροπον Soz., l. 2, c. 24.—S.-Μ.
[Ludolf, hist. Æthiop. l. 3.
[Vansleb, Hist. de l'ég. d'Alex. l. 1, c. 9.]
[Le Quien, Oriens Chr. t. 2, p. 366. et 643.]
[Abou'l faradj, chron. arab. p 5 vers. lat.]
Leur esclavage fut d'assez courte durée, le roi cessa de vivre bientôt après, et en mourant il leur rendit la liberté. Sa veuve, tutrice d'un jeune prince en bas âge, eut recours aux talents des deux Grecs, et bientôt Frumentius eut la suprême direction des affaires. Pendant son administration il eut soin de s'informer, si parmi les Romains qui venaient trafiquer dans le pays, il ne s'en trouvait pas qui fussent chrétiens. Ses vœux furent satisfaits, il leur fit connaître ce qu'il était et les exhorta à révérer Dieu à la manière des chrétiens; il fit ensuite élever une église et convertit même plusieurs Barbares. Quand le jeune roi fut en âge de régner, Frumentius lui remit les rênes du gouvernement, demandant la grace de retourner dans sa patrie. Il partit malgré les instances du prince et de sa mère, Édésius le suivit. Celui-ci se rendit à Tyr; pour Frumentius, il se dirigea vers Alexandrie auprès de saint Athanase, qui en était depuis peu (en 326) patriarche. Il instruisit ce saint personnage des circonstances de son voyage et de son séjour en Éthiopie, ainsi que de l'espérance qu'il avait d'y voir la foi prospérer, si on y envoyait des prêtres et un pasteur. Athanase ne trouvant personne plus digne que Frumentius d'être l'apôtre de ce pays, il s'empressa de l'y renvoyer avec le saint caractère d'évêque. Sa prédication fut signalée par des miracles, beaucoup d'églises furent élevées, et la foi chrétienne se répandit parmi les Barbares. C'est à elle qu'on est redevable du peu de civilisation qui subsiste encore parmi les nations féroces qui habitent les pays de l'Afrique intérieure, compris entre le Nil et la Mer-Rouge. Les chrétiens de ces régions regardent Frumentius comme le premier de leurs pontifes. En l'an 1613, l'église d'Éthiopie était gouvernée par son 94e successeur. C'est à cause de son ordination par saint Athanase, que cette église a toujours eu l'usage d'aller demander au patriarche d'Alexandrie, la nomination ou la confirmation de ses métropolites ou supérieurs spirituels[47]. Cet usage se pratique encore actuellement. Les Éthiopiens ne sont pas les seuls peuples de l'Afrique qui vers cette époque embrassèrent le christianisme. Les Blemmyes, peuple nomade et presque sauvage, qui errait dans les déserts qui bordent le Nil au midi de l'Égypte, qu'il ne cessait de désoler par ses fréquentes invasions, connut aussi l'Évangile. Son exemple fut imité par les Nubiens; mais ceux-ci persévérèrent plus long-temps dans la foi, qu'ils n'ont totalement abandonnée qu'à une époque assez récente.]—S. M.
[47] A l'époque de leur conversion, les Arméniens en agirent à peu près de même. Comme leur apôtre, saint Grégoire l'illuminateur, avait été ordonné par l'archevêque de Césarée en Cappadoce, les premiers patriarches ses successeurs prirent l'habitude de se faire sacrer dans la même ville. Cet usage dura environ deux siècles, mais il cessa à l'époque où les Arméniens devinrent sujets du roi de Perse.—S.-M.
[Rufin, l. 10, c. 10.