LXXI. Situation de Byzance.

Cod. orig.

Dionys. Byzant.

Zos. lib. 2, c. 30.

Polyb. l. 4, §. 38.

Proc. de ædif. l. 1, c. 5.

Gyll. de Bosp. Thrac. l. 1, c. 2.

Les Grecs, jaloux des merveilles qui ont ennobli la naissance de Rome, font ici usage de leur fécondité dans l'invention: ils promènent le lecteur de miracle en miracle. Nous nous dispensons d'en rapporter aucun: il n'en fallait point d'autre pour attirer Constantin à Byzance, que l'admirable situation de cette ville: elle est unique dans l'univers. Située sur un coteau dans un isthme à la pointe de l'Europe et à la vue de l'Asie, dont elle n'était séparée que par un détroit de sept stades, elle joignait les avantages de la sûreté et du commerce avec toutes les faveurs de la nature, et les charmes de la perspective. C'était la clé de l'Europe et de l'Asie, du Pont-Euxin et de la mer Égée. Les vaisseaux ne pouvaient passer d'une mer dans l'autre sans le congé des Byzantins. Baignée au midi par la Propontide, à l'orient par le Bosphore, au septentrion par un petit golfe nommé Chrysocéras ou la Corne-d'Or, elle ne tenait au continent que par le côté occidental. La température du climat, la fertilité de la terre, la beauté et la commodité de deux ports, tout contribuait à en faire un séjour délicieux. Les poissons, et surtout les thons, qui viennent en affluence du Pont-Euxin dans la Propontide, effrayés d'une roche blanche qui s'élève presque à fleur d'eau du côté de Chalcédoine, et se rejetant vers Byzance, y procuraient une pêche abondante. La ville avait quarante stades de circuit, c'est-à-dire, près de deux lieues, avant qu'elle eût été ruinée par l'empereur Septime Sévère.

LXXII. Abrégé de l'histoire de Byzance jusqu'à Constantin.

Herodot. l. 4, §. 144.