Chron. Alex. vel Pasch. p. 265.

Tac. ann. l. 12, c. 63.

Les Byzantins ne manquaient pas de faire remonter leur origine jusqu'aux temps fabuleux. Ce qu'il y a de plus certain, c'est que les Mégariens ayant bâti Chalcédoine de l'autre côté du détroit, Byzas, chef d'une autre colonie de Mégare, vint fonder Byzance dix-sept ans après, et plus de six cent cinquante ans avant l'ère chrétienne. On ajoute que l'oracle d'Apollon lui avait ordonné de bâtir sa ville vis-à-vis des aveugles: c'étaient les Chalcédoniens assez peu clairvoyants, pour ne s'être pas aperçus de l'avantage que leur offrait le terrain au-delà du Bosphore. Cette ville, d'abord indépendante, tomba successivement sous la puissance de Darius, des Ioniens, de Xerxès. Pausanias l'assujettit aux Lacédémoniens, l'augmenta, et y établit une nouvelle colonie: ce qui l'a fait passer pour le second fondateur de Byzance. Sept ans après, les Athéniens s'en emparèrent, et les deux républiques s'en disputèrent long-temps la possession. A la faveur de ces querelles les Byzantins reprirent leur liberté, rendirent respectables leurs forces maritimes, résistèrent à Philippe de Macédoine qui les assiégea inutilement, et sortirent avec honneur de plusieurs guerres contre de puissants ennemis. Ils cédèrent avec le reste de la Grèce à la valeur romaine; et leurs nouveaux maîtres, pour les payer de leurs bons services dans la guerre contre Mithridate, leur accordèrent le privilége de se gouverner par leurs lois. Byzance était alors riche, peuplée, et embellie de magnifiques statues. Elle avait le titre de métropole. Vespasien lui ôta sa liberté. Pescennius Niger, qui disputait l'empire à Sévère, s'en étant emparé, et ayant perdu la vie, elle demeura fidèle au parti de ce prince, même après sa mort, et soutint pendant trois ans contre le vainqueur un de ces siéges mémorables par l'opiniâtre défense des assiégés, et par les extrémités les plus affreuses. Sévère, maître enfin de Byzance, traita sa conquête avec la plus grande cruauté: les principaux habitants furent mis à mort; les murs renommés pour leur structure furent rasés; la ville fut ruinée, et réduite à la qualité d'un simple bourg, soumis à Périnthe ou Héraclée. Sévère se repentit bientôt d'avoir détruit un si fort boulevard de l'empire; il la releva à la prière de son fils Caracalla; mais elle ne recouvra pas sa première étendue ni son ancien éclat. Sous Gallien elle fut encore détruite, et les habitants passés au fil de l'épée, sans que l'histoire en donne la raison. Il ne resta des anciennes familles que ceux que leur absence déroba à cet horrible massacre. Elle fut aussitôt rétablie par deux de ses citoyens, Cléodamus et Athénée. Du temps de Claude II, une flotte d'Hérules ayant traversé les Palus-Méotides et le Pont-Euxin, prit Byzance et Chrysopolis, située vis-à-vis, au-delà du détroit; mais ils furent bientôt obligés d'abandonner leur proie. Nous avons vu cette ville fidèle à Licinius, tant que ce prince conserva quelque espérance.

LXXIII. État du christianisme à Byzance.

Le Quien, Or. Christ. t. 1, p. 8 et 196.

Tertull. ad Scapul. c. 3.

L'origine de l'église de Byzance est moins constatée que celle de la ville. Les Grecs modernes, pour ne pas céder à l'église romaine l'avantage de l'ancienneté, en attribuent la fondation à l'apôtre saint André. Ils donnent depuis ce temps-là une suite d'évêques. D'autres disent, avec plus de vraisemblance, que le siége épiscopal n'y fut établi que du temps de Sévère, sous lequel il y avait, en effet, à Byzance beaucoup de chrétiens. Quelques-uns même ne lui attribuent pour premier évêque que Métrophane, qui mourut huit ou neuf ans avant le concile de Nicée. Alexandre lui avait succédé, et gouvernait cette église sous la métropole d'Héraclée.

LXXIV. Nouvelle enceinte de C. P.

Jul. orat. 1, p. 41, ed. Spanh.

Themist. orat. 18, p. 223.