Zos. l. 2, c. 32.

Anony. Vales.

Themist. Or. 3, p. 48, et 14, p. 183.

Conc. Constant. can. 3.

Godef. ad Cod. Th. lib. 14. tit. 13.

Vales. ad Amm. l. 26, c. 6.

Le Quien, Or. Christ. t. 1, p. 66.

Till. art. 67.

Dans le dessein de donner à sa ville tout le lustre de Rome, il lui accorda de grands priviléges, entre autres celui qu'on appelait le droit italique. C'était l'exemption de capitation et de taille, et le droit de suivre dans les actes et dans les contrats les mêmes lois et les mêmes coutumes que suivait l'Italie. Le peuple y fut divisé comme à Rome, en curies et en tribus. Il institua la même distinction entre les ordres, les mêmes magistrats, revêtus des mêmes droits et des mêmes honneurs. Il y établit un sénat: mais quoique ces sénateurs fussent créés sur le modèle de ceux de Rome, leur autorité ne fut jamais égale. Les offices exercés pendant un certain temps dans la cour des empereurs, y donnaient entrée. Selon quelques auteurs, ce n'était qu'un sénat du second ordre, et les membres n'avaient que le titre de Clari, au lieu que les sénateurs de Rome étaient appelés Clarissimi. Thémistius va jusqu'à dire que, vingt-cinq ans après Constantin, ce sénat avait encore si peu de considération, que l'ambition d'y parvenir était taxée de folie; et du temps de Théodose Ier, il avoue que ces sénateurs, qu'on appelait Pères Conscripts, étaient fort au-dessous de ce titre. Ce n'est pas que les empereurs n'eussent tâché de donner à leur sénat tout l'éclat qu'ils pouvaient lui communiquer; mais ce ne fut jamais qu'une lumière réfléchie: celui de Rome brillait de son propre fonds, et par l'antiquité de sa noblesse. Cette distinction primordiale, entre les deux sénats, se maintint dans l'opinion publique, malgré tous les efforts de la puissance souveraine pour la faire disparaître. Ajoutez que les empereurs firent tout pour relever le nouveau sénat, excepté la seule chose qui peut vraiment illustrer une compagnie politique; ils ne lui donnèrent aucune part dans le gouvernement, et ne le respectèrent pas assez pour le rendre respectable à leurs sujets. Constantin fit une espèce de partage entre Rome et Constantinople: il déclara celle-ci capitale de toute l'étendue comprise du Septentrion au Midi, entre le Danube et les extrémités de l'Égypte, et d'Occident en Orient, entre le golfe Adriatique et les frontières de la Perse. Il y mit le siége du préfet du prétoire d'Orient, et la détacha de la province d'Europe[57], et de la métropole d'Héraclée, pour la juridiction civile et ecclésiastique. Mais son église ne fut érigée en patriarchat qu'au concile de Chalcédoine en 451; ce qui fut jusqu'au commencement du treizième siècle un sujet de contestation entre cette église et celle de Rome. Constance établit ensuite un préfet de la ville; et la coutume s'introduisit que des deux consuls l'un résidât à Rome, l'autre à Constantinople.

[57] L'une des divisions administratives de la Thrace.—S.-M.