Cedren. t. I, p. 357.
God. ad Cod. Th. t. 5, p. 4.
Suet. Calig. c. 40.
Lamprid. in Alex. c. 24.
Theod. jun. nov. 18.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 2, 3.
Quelques auteurs prétendent que, pour soutenir tant de dépenses, Constantin établit de nouveaux impôts. Le plus odieux était celui qu'on appela chrysargyre, mot grec, qui signifie or et argent, parce que les taxes ordinaires ne se payant qu'en or, celle-ci se pouvait payer en or ou en argent. Si l'on en croit Zosime, Constantin en fut l'auteur. C'était une taxe imposée sur les marchands de quelque espèce qu'ils fussent, jusqu'aux plus vils détailleurs, jusqu'à ces misérables qui faisaient ou avaient fait le honteux trafic de prostitution: on ajoute que les esclaves et les mendiants n'en étaient pas exempts; qu'il fallait payer pour les chevaux, les mulets, les bœufs, les ânes, les chiens même, soit dans les villes, soit dans les campagnes: ce tribut se percevait jusque sur les plus sales ordures; on achetait la permission de les faire enlever. On le recueillait tous les quatre ans. A l'approche de cette exaction, dit le même Zosime, ce n'était que larmes et désolation; et dès que les collecteurs commençaient à paraître, on n'entendait plus que coups de fouet; on ne voyait que tortures employées pour forcer la misère même à donner ce qu'elle n'avait pas. Les mères vendaient leurs enfants, les pères prostituaient leurs filles. Il y a grande apparence que cette peinture est une exagération de Zosime pour noircir la mémoire de Constantin: il est le seul qui attribue à ce prince l'établissement de cet impôt. La taxe imposée sur les femmes publiques était presque aussi ancienne que l'empire: elle fut imaginée par Caligula; on voit qu'elle existait encore sous Alexandre Sévère. Elle fut abolie par Théodose le jeune, qui chassa de Constantinople tous les courtiers de débauche; et après lui, Anastase anéantit tout-à-fait le chrysargyre. Tout ce qu'on peut reprocher à Constantin, c'est de n'avoir pas prévenu ces deux princes, et d'avoir laissé subsister un ancien impôt, moins cruel sans doute que ne le veut faire entendre Zosime, mais qui portait un caractère honteux. Loin que Constantin se soit montré avide de nouveaux subsides, il déchargea ses sujets du quart de la taxe qu'il trouva imposée sur les terres; et comme l'ancienne répartition passait pour injuste, et qu'elle excitait beaucoup de plaintes et de murmures, il en fit dresser une nouvelle avec une exactitude scrupuleuse.
V. Priviléges de C. P.
Socr. l. 1, c. 16; lib. 6, c. 2.
Soz. l. 2, c. 3. et 32, l. 4, c. 22, l. 7, c. 9.