Socr. l. 1, c. 33 et 36.
Theod. l. 1, c. 31.
Soz. l. 2, c. 14, 26 et 27.
Ce mystère d'iniquité était à peine consommé, que les évêques reçurent ordre de se transporter à Jérusalem, pour y faire la cérémonie de la dédicace. Les lettres furent apportées par Marianus, secrétaire de l'empereur, illustre par ses emplois, par sa vertu, et par la fermeté avec laquelle il avait confessé la foi sous les tyrans. Il était chargé de faire les honneurs de la fête, de traiter les évêques avec magnificence, et de distribuer aux pauvres de l'argent, des vivres et des habits. L'empereur envoyait de riches présents pour l'ornement de la basilique. Outre les évêques assemblés à Tyr, il en vint un grand nombre de toutes les parties de l'Orient. Il s'y trouva même un évêque de Perse, qu'on croit être saint Milles; qui, après avoir beaucoup souffert dans la persécution de Sapor, quitta sa ville épiscopale, où il ne trouvait que des cœurs endurcis et rebelles au joug de la foi, et vint à Jérusalem sans autres richesses qu'une besace où était le livre des évangiles[82]. Un nombre infini de fidèles accourut de toutes parts: tous furent défrayés pendant leur séjour aux dépens de l'empereur. La ville retentissait de prières, d'instructions chrétiennes, d'éloges et du prince et de la basilique. On rendit cette fête annuelle: elle durait pendant huit jours, et c'était alors un prodigieux concours de pèlerins des pays les plus éloignés. Après la dédicace, les autres évêques se retirèrent; il ne resta que les prélats du concile de Tyr.
[82] S. Milles était évêque de Suse. Les actes de son martyre, écrits en syriaque et publiés avec une version latine par Assémani font mention de son voyage à Jérusalem, t. I, p. 71.—S.-M.
XLIX. Concile de Jérusalem.
Cette solennité brillante fut suivie d'un événement fâcheux pour l'église. Arius et Euzoïus avaient surpris des lettres de Constantin. Ce prince, trompé par une profession de foi qui lui paraissait conforme à celle de Nicée, reconnut pourtant qu'il n'appartenait qu'à l'église de prononcer en cette matière. Il renvoya Arius aux évêques assemblés à Jérusalem, et leur écrivit d'examiner avec attention la formule qu'il présentait, et de le traiter favorablement s'il se trouvait qu'il eût été injustement condamné, ou qu'ayant mérité l'anathème il fût revenu à résipiscence. Constantin ne s'apercevait pas que mettre en doute la justice de la condamnation d'Arius, c'était porter atteinte au concile de Nicée, qu'il respectait lui-même. Il n'en fallait pas tant pour engager des Ariens cachés à rétablir leur docteur et leur maître. Les prélats réunis de nouveau à Jérusalem en forme de concile, reçoivent à bras ouverts Arius et Euzoïus; ils adressent une lettre synodale à tous les évêques du monde; ils y font valoir l'approbation de l'empereur, et reconnaissent pour très-orthodoxe la profession de foi d'Arius. Ils invitent toutes les églises à l'admettre à la communion, lui et tous ceux qui en avaient été séparés avec lui. Ils écrivent en particulier à l'église d'Alexandrie, qu'il est temps de faire taire l'envie, et de rétablir la paix; que l'innocence d'Arius est reconnue; que l'église lui ouvre son sein, et qu'elle rejette Athanase. Marcel d'Ancyre ne voulut prendre aucune part à la réception d'Arius.
L. Athanase s'adresse à l'empereur.
Ath. Apol. contr. Arian. t. I, p. 131, 132 et 201-202.
Epiph. hær. 68. § 8, t. I, p. 724 et 725.