Socr. l. 1, c. 34.
Soz. l. 2, c. 28.
Les évêques venaient d'envoyer les lettres par lesquelles ils communiquaient avec complaisance leur décision à Constantin, lorsqu'ils en reçurent de sa part qui n'étaient pas aussi flatteuses. Athanase, s'étant échappé de Tyr, était venu à Constantinople; et comme l'empereur traversait la ville à cheval, le prélat accompagné de quelques amis, se présenta sur son passage d'une manière si subite et si imprévue, qu'il étonna Constantin. Le prince ne l'aurait pas reconnu sans quelques-uns de ses courtisans qui lui dirent qui il était, et l'injuste traitement qu'il venait d'essuyer. Constantin passait outre sans lui parler; et quoique Athanase demandât d'être entendu, l'empereur était prêt à le faire retirer par force. Alors l'évêque élevant la voix: Prince, lui dit-il, le Seigneur jugera entre vous et moi, puisque vous vous déclarez pour ceux qui me calomnient; je ne vous demande que de faire venir mes juges, afin que je puisse vous faire ma plainte en leur présence. L'empereur, frappé d'une requête si juste et si conforme à ses maximes, manda sur-le-champ aux évêques de venir lui rendre compte de leur conduite; il ne leur dissimula pas qu'on les accusait d'avoir procédé avec beaucoup d'emportement et de passion.
LI. Exil d'Athanase.
Athan. Apol. contr. Arian. t. I, p. 132 et 203.
Socr. l. 1, c. 35.
Theod. l. 1, c. 31.
Soz. l. 2, c. 28.
Cette lettre consterna la cabale. Les évêques mandés à la cour se dispersèrent aussitôt et s'en retournèrent dans leurs diocèses: il n'en resta que six des plus hardis, à la tête desquels étaient les deux Eusèbes. Ils se rendirent devant l'empereur, et se gardèrent bien d'entrer en dispute avec Athanase. Selon leur méthode ordinaire, au lieu de prouver les accusations dont il s'agissait, ils en formèrent une nouvelle. Bien instruits de la prédilection de Constantin pour sa nouvelle ville, ils chargèrent le saint évêque d'avoir menacé d'affamer Constantinople, en arrêtant le blé d'Alexandrie. Athanase eut beau représenter qu'un pareil attentat ne pouvait tomber dans l'esprit d'un particulier sans pouvoir et sans force; Eusèbe prétendit qu'Athanase était riche, et chef d'une faction puissante. La seule imputation irrita tellement l'empereur, qu'incapable de rien écouter, il exila l'accusé à Trèves, se flattant d'ailleurs que l'éloignement de ce prélat inflexible rendrait la paix à l'église. Le saint fut reçu avec honneur par l'évêque Maximin, zélé pour la vérité; et le jeune Constantin, qui faisait sa résidence en cette ville, prit soin d'adoucir son exil par les traitements les plus généreux.
LII. Concile de Constantinople.