Philost. l. 3, c. 1.
God. Chron.
Ducange, C. P. l. 4, c. 5 et fam.
Byz. p. 47.
Cod. Th. l. 11, tit. 12, leg. 1.
[Monod. vel Or. in Const. Jun. mort. p. 10, 11 et 12.]
Ce fut sous ce consulat que le jeune Constantin se perdit par son imprudence. La querelle qui s'était élevée entre ce prince et Constant son frère, au sujet du nouveau partage, s'aigrissait de jour en jour. Un tribun, nommé Amphilochius, de Paphlagonie, ne cessait d'animer Constant, et le détournait de tout accommodement. Enfin, Constantin prit le parti de se faire justice par les armes, et passa les Alpes. Constant était en Dacie: il envoie ses généraux à la tête d'une armée, et se dispose à les suivre avec de plus grandes forces. Ses capitaines arrivés à la vue de l'ennemi près d'Aquilée, à la fin de mars ou au commencement d'avril[120], dressent une embuscade, et ayant engagé le combat feignent de prendre la fuite. Les soldats de Constantin s'abandonnent à la poursuite; et bientôt enfermés entre les troupes qui sortent de l'embuscade et les fuyards qui tournent visage, ils sont taillés en pièces. Constantin lui-même, renversé de son cheval, meurt percé de coups. On lui coupe la tête; on jette son corps dans le fleuve d'Alsa, qui passe près d'Aquilée. Il en fut apparemment retiré, puisqu'on montrait long-temps après son tombeau de porphyre à Constantinople, dans l'église des Saints-Apôtres. Il avait vécu près de vingt-cinq ans, et régné un peu plus de deux ans et demi depuis la mort de son père. Ayant perdu sa femme, il venait de contracter par députés un second mariage avec une Espagnole de noble origine, dont on ne dit ni le nom ni la famille. Constant profita seul de la dépouille de son frère: il devint maître de tout l'Occident. Constance moins ambitieux ou plus timide, se contenta de ce qu'il avait possédé jusqu'alors. Son empire se terminait au pas de Sucques: c'était un passage étroit entre le mont Hæmus et le mont Rhodope, qui séparait la Thrace de l'Illyrie. Le vainqueur déclara nulles les exemptions dont Constantin avait gratifié plusieurs personnes. La loi qu'il fit à ce sujet porte le caractère d'une haine dénaturée qui survivait à son frère: il le qualifie son ennemi et celui de l'état.
[120] On voit par une loi du code Théodosien que Constant était à Aquilée, le 9 avril, après la mort de Constantin.—S.-M.
XIX. Lois des trois princes.
Cod. Th. lib. 3, tit. 13. leg. 1, 2 et ibid. God. lib. 6. tit. 4, leg. 3, et seq. usque ad 17, et tit. 22, leg. 2; lib. 9, tit. 1. leg. 7, et tit. 34, leg. 5, 6; lib. 10, t. 10, leg. 4, 5, 6, 7 et 8. Lib. 11, tit. 36, leg. 4. Lib. 12, tit. 1. l. 23 et seq. usque ad 50. Lib. 15, t. 1, leg. 5. Lib. 16, tit. 8, leg. 6, 7.