Cod. Th. lib. 11, tit. de indict. leg. I, et ibi God.
Baron. in an. 312.
Buch. cycl. p. 286.
Ludolff. l. 3, c. 6.
Noris, epoch. Syro-Mac.
Ce mot signifie dans les lois romaines, répartition des tributs, déclaration de ce que doit payer chaque ville ou chaque province. Il est donc presque certain que ce nom a rapport à quelque taxation. Mais quel était ce tribut? Pourquoi ce cercle de quinze années? C'est sur quoi les plus savants avouent qu'ils n'ont rien d'assuré. Baronius conjecture que Constantin réduisit à quinze ans le service militaire, et qu'il fallait au bout de ce terme indiquer un tribut extraordinaire pour payer les soldats qu'on licenciait. Mais cette origine est rejetée de la plupart des critiques, comme une supposition sans fondement et sujette à des difficultés insolubles. La raison qui a déterminé Constantin à fixer le commencement de l'indiction au 24 de septembre, n'est pas moins inconnue[19]. Un grand nombre de modernes n'en trouvent point d'autre que la défaite de Maxence: cet événement était pour Constantin une époque remarquable; et pour y attacher la naissance de l'indiction, ils supposent que le 24 de septembre est le jour où Maxence fut vaincu. Mais il est prouvé par un calendrier très-authentique, que Maxence ne fut défait que le 28 d'octobre. S'il m'était permis de hasarder mes conjectures après tant de savants, je dirais que Constantin, voulant marquer sa victoire et le commencement de son empire à Rome par une époque nouvelle, la fit remonter à l'équinoxe d'automne, qui tombait en ce temps-là au 24 septembre. Des quatre points cardinaux de l'année solaire, il n'y en a aucun qui n'ait servi à fixer le commencement des années chez les différents peuples. Un grand nombre de villes grecques, ainsi que les Égyptiens, les Juifs pour le civil, les Grecs de Constantinople, commençaient leur année vers l'automne[20]: c'est encore aujourd'hui la pratique des Abyssins; les Syro-Macédoniens[21] la commençaient précisément au 24 septembre. Il est assez naturel de croire que Constantin a choisi celui des quatre points principaux de la révolution solaire, qui se trouvait le plus proche de l'événement, dont il prenait occasion d'établir un nouveau cycle[22].
[19] L'année macédonienne julienne, en usage dans toute l'Asie-Mineure et à ce qu'il paraît dans la province de Macédoine, commençait le 24 septembre; il est probable, sans aller plus loin, que c'est de là que vint l'usage de commencer à la même époque les années de l'indiction.—S.-M.
[20] C'est par des raisons fort diverses et très-différentes de celles qui sont indiquées ici, que plusieurs nations de l'antiquité ont placé vers l'automne le commencement de leur année.—S.-M.
[21] Ce ne sont point les Macédoniens de Syrie, mais ceux de l'Asie-Mineure, qui commençaient leur année le 24 septembre. En Syrie les Macédoniens plaçaient au 1er septembre le commencement de l'année.—S.-M.
[22] Il est plus probable que Constantin a mieux aimé faire coïncider le renouvellement des années de cette période, avec le calendrier adopté dans presque toute la partie orientale de son empire.—S.-M.