Oros. l. 7, c. 29.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 289.

Joan. Ant. in excerpt.

L'Illyrie lui échappa. A la nouvelle de la mort de Constant, Vétranion, général de l'infanterie dans la Pannonie, fut proclamé Auguste le premier de mars[2], à Sirmium ou à Mursa, par les soldats qui le chérissaient. C'était un vieillard expérimenté dans la guerre, qu'il pratiquait depuis long-temps avec succès. Il s'était fait aimer des troupes par sa probité, par sa douceur, et par une simplicité grossière qui le rapprochait beaucoup de ses soldats. Né dans les pays incultes de la haute Mésie, il était resté dans une ignorance si barbare, qu'il lui fallut apprendre à lire quand il se vit empereur; mais il fut dépouillé de l'empire avant que d'avoir eu le temps de connaître toutes les lettres. Selon plusieurs historiens ce fut Constantine elle-même, fille de Constantin et veuve d'Hanniballianus, qui le revêtit de la pourpre impériale. Elle voulait l'opposer au torrent de la révolte qui avait déja entraîné le reste de l'Occident. Elle craignait que son frère Constance, alors occupé contre les Perses, ne pût arriver assez à temps pour y résister; et elle se croyait en droit de donner le titre d'Auguste, parce qu'elle l'avait elle-même reçu de son père Constantin. Vétranion fit écrire à Constance: il lui protestait qu'il ne se regardait que comme son lieutenant; et qu'il n'avait accepté le nom d'empereur qu'afin de profiter contre Magnence de l'affection des soldats; il lui demandait de l'argent et des troupes, et l'exhortait à venir lui-même repousser l'usurpateur. Ce vieux soldat connaissait peu le caractère jaloux et insociable de la puissance souveraine; il ignorait que c'est un crime de s'asseoir à côté d'elle, fût-ce pour la servir. Constance, plus politique, feignit de lui savoir gré de son zèle: il approuva son élection; il lui envoya même le diadème et des sommes d'argent, et il ordonna aux légions de Pannonie de se réunir sous ses drapeaux.

[2] Le 1er de mai selon Idatius.—S.-M.

X. Entreprise de Népotianus.

Aur. Vict. de cæs. p. 180.

Vict. epit. p. 226.

Eutr. l. 10.

Zos. l. 2, c. 43.