Les disputes de religion lui suscitaient plus d'embarras, que les incursions des Barbares. Les Ariens réunis contre l'église catholique, mais divisés entre eux, l'entraînaient tantôt dans une secte, tantôt dans une autre. Selon les différents ressorts que les eunuques, les femmes, les évêques de cour savaient mettre en mouvement, il ordonnait et révoquait, il exilait et rappelait, il s'irritait et se calmait sans jamais fixer ses résolutions non plus que ses sentiments. Eudoxe, pur Anoméen, et disciple d'Aëtius, s'autorisant d'un ordre prétendu de l'empereur, et s'appuyant du crédit de l'eunuque Eusèbe, s'était emparé du siége d'Antioche après la mort de Léontius, sans observer les formes canoniques. Il tient un concile où les Anoméens triomphent. Basile d'Ancyre, chef des demi-Ariens, combat ce concile par un autre, où les Anoméens sont à leur tour frappés d'anathème. Basile prend le dessus à la cour; Constance se déclare pour les demi-Ariens. Aussitôt, à l'exemple d'Ursacius et de Valens, qui tournaient sans cesse au vent de la cour, la plupart de ceux qui avaient signé le blasphème de Sirmium, se rétractent. L'empereur ordonne la suppression de cette formule, et défend d'en garder des copies. Il était sur le point de confirmer l'élection d'Eudoxe, qui lui avait déja surpris des lettres d'approbation; il retire ces lettres; il exile Aëtius, Eunomius, Eudoxe, et il leur impute d'avoir trempé dans les complots de Gallus. Macédonius se joint au parti dominant.

XXXIII. Libérius renvoyé à Rome.

Theod. l. 2, c. 17.

Soz. l. 4, c. 11.

Philost. l. 4, c. 3.

Libérius, qui paraissait moins éloigné du sentiment des nouveaux favoris, obtint par leur crédit la permission de retourner à Rome. Mais parce que les Anoméens faisaient courir le bruit qu'il pensait comme eux, il prit avant son départ de Sirmium la précaution de signifier à tous les évêques qui s'y trouvaient l'anathème qu'il prononçait contre le dogme impie des Anoméens. L'intention de l'empereur et des prélats qui procuraient son retour, était qu'il gouvernât l'église de Rome conjointement avec Félix. En conséquence ils mandèrent à Félix et à son clergé de recevoir Libérius et de partager avec lui les fonctions apostoliques. Ce projet contraire à la discipline canonique n'eut pas d'exécution. Dès que Libérius fut rentré à Rome le 2 août, dans la troisième année de son exil, le sénat et le peuple se réunirent pour chasser l'anti-pape, qui, ayant osé revenir quelques jours après, fut encore obligé de prendre la fuite. Il se retira dans une terre qu'il avait près de Porto, où pendant plus de sept ans qu'il vécut encore, il conserva le titre d'évêque, sans en faire aucune fonction.

XXXIV. Nicomédie renversée.

Idat. chron.

Hier. chron.

Liban. monod. t. 2, p. 202-208.