Socr. l. 2, c. 39.
Soz. l. 4, c. 16.
Amm. l. 17, c. 7, et l. 22, c. 13.
Aurel. Vict. de Cæs. p. 133.
Eus. chron.
Chron. Alex. vel Pasch. p. 293.
[Theoph. p. 38.]
Pour achever la défaite des Anoméens, Basile engagea l'empereur à convoquer un concile général. Constance proposait la ville de Nicée, mais ce nom seul faisait trembler les Ariens; ils obtinrent qu'on s'assemblât à Nicomédie. Déja un grand nombre d'évêques étaient en chemin pour s'y rendre, lorsqu'ils apprirent que Nicomédie venait d'être détruite par un horrible tremblement de terre, qui s'étendit dans l'Asie, dans le Pont et jusqu'en Macédoine, et qui ébranla plusieurs montagnes et plus de cent cinquante villes. Nicomédie était alors par sa grandeur la cinquième ville de l'empire; elle tenait le même rang par sa beauté. Elle était bâtie en amphithéâtre sur une colline, au fond du golfe d'Astacus, qui fait partie de la Propontide. On la découvrait toute entière de plus de six lieues de distance. Deux portiques d'une superbe architecture la traversaient d'une extrémité à l'autre. La magnificence des édifices publics, la multitude des maisons particulières qui s'élevaient comme par étage les unes au-dessus des autres, les fontaines d'eaux vives, les thermes, le théâtre, l'hippodrome, les temples, le port, le palais impérial bâti au bord du golfe, les jardins dont les environs étaient embellis, formaient un spectacle enchanteur. Une heure de temps fit de toutes ces merveilles un amas de ruines. Le 24 août, à la seconde heure du jour, lorsque le temps était le plus serein, tout à coup des nuages sombres et épais couvrent la ville: en même-temps les éclats de la foudre se joignent aux tourbillons des vents et au mugissement de la mer qui se gonfle et qui menace d'inonder ses rivages. La terre se soulève par secousses; les maisons croulent les unes sur les autres: le bruit des vents et du tonnerre, le fracas des ruines, les hurlements des habitants se confondent ensemble au milieu d'une nuit affreuse. Le jour qui reparaît avec le calme avant la troisième heure, présente de nouvelles horreurs: Nicomédie n'était plus; on n'y voyait qu'un monceau de pierres et de cadavres. Quelques habitants vivaient encore, mais plus malheureux que ceux qui avaient perdu la vie, les uns demeuraient suspendus à des pièces de charpente; les autres du milieu des débris dont ils étaient écrasés élevaient la tête, et appelaient en expirant leurs femmes et leurs enfants. Quelques-uns sans être blessés restaient ensevelis sous les démolitions, qui ne les avaient épargnés que pour les laisser périr par la faim; et du fond de ces ruines sortaient des voix lamentables qui imploraient en vain du secours. Entre ces derniers périt Aristénète, né à Nicée, connu par son éloquence et par la douceur de ses mœurs: il avait recherché avec ardeur et venait d'obtenir le vicariat de Bithynie, où il ne trouva qu'une mort longue et cruelle. L'évêque Cécrops fameux Arien, et un autre évêque du Bosphore y périrent aussi. Il n'échappa qu'un petit nombre d'habitants presque tous estropiés, qui se sauvèrent dans la campagne. Ils ne trouvèrent ensuite d'asyle que dans la citadelle qui resta sur pied. Au tremblement avait succédé l'incendie. Tous les feux qui se trouvaient allumés dans les maisons, dans les bains, dans les forges des ouvriers, se communiquèrent aux bois et aux matières combustibles. Les vents qui soufflaient avec fureur étendirent l'embrasement; et pendant cinquante jours cette ville infortunée fut tout ensemble un vaste sépulcre et un immense bûcher. Elle avait éprouvé le même malheur sous Hadrien et sous Marc-Aurèle; elle l'éprouva encore quatre ans après sous Julien; et de nos jours en 1719 elle a été presqu'entièrement abîmée par un tremblement qui dura trois jours, depuis le 25 jusqu'au 28 de mai. Cependant les charmes de sa situation effacent bientôt le souvenir de ses désastres, et y attirent toujours de nouveaux habitants.
XXXV. Projets de conciles.
Socr. l. 2. c. 30.