[262] Lupicinus fut consulté en cette occasion. Adscito Lupicino in consilium. Amm. Marc. l. 18, c. 2.—S.-M.

[263] Lusoriæ naves quadraginta. C'étaient les seuls qui fussent à la disposition des Romains: Quæ tunc aderaut solæ, dit Ammien Marcellin, l. 18, c. 2.—S.-M.

[264] Reges omnes, et regales, et regulos. Amm. Marc. l. 18, c. 2.—S.-M.

[265] Necessitudines opesque suas transferre longiùs festinabant, dit Ammien Marcellin, l. 18, c. 2.—S.-M.

LXXIII. Allemans subjugués.

Quand ils furent entrés sur les terres des ennemis, ils mirent tout à feu et à sang. On abattait les cabanes, on passait les habitants au fil de l'épée. Après qu'on eut désolé tout le canton, on arriva dans un lieu nommé Palas[266], où étaient dressées des pierres qui servaient de bornes entre le pays des Allemans et celui des Bourguignons. L'armée s'y arrêta pour recevoir deux rois, nommés Macrianus et Hariobaude: ils étaient frères et venaient demander la paix, qu'ils obtinrent[267]. Vadomaire, dont nous avons déja parlé, et qui régnait dans le pays qu'on nomme aujourd'hui le Brisgaw[268], se rendit aussi au camp. Il apportait des lettres de recommandation de Constance. On le reçut avec honneur comme un vassal de l'empire, mais il n'obtint pas une réponse favorable. Il venait implorer la clémence des Romains pour trois princes qui s'étaient trouvés à la bataille de Strasbourg, et qui voyant approcher le vainqueur, avaient recours aux prières. C'étaient Urius, Ursicin et Vestralpe. Julien, connaissant la légèreté de ces Barbares, craignit que s'il les tenait quittes pour des excuses et des soumissions verbales, ils ne se fissent un jeu de reprendre les armes dès qu'il serait éloigné. Il voulut donc leur faire sentir ce qu'il en coûtait pour attaquer l'empire. On brûla les moissons et les habitations; on tua, on enleva un grand nombre de leurs sujets. Quand on les eut ainsi punis, on écouta leurs supplications, et l'on traita avec eux aux mêmes conditions qu'avec leurs voisins. On les obligea surtout à rendre tous les captifs. Lorsque Julien eut repassé le Rhin, un de ces princes qui venait de donner son fils en ôtage, l'envoya aussitôt redemander avec menaces, sans avoir rendu les prisonniers. Julien remit le jeune prince entre les mains des députés: Remenez-le à son père, leur dit-il, un enfant n'est pas seul une caution suffisante pour un si grand nombre de braves gens qui valent mieux que lui. Il écrivit en même temps au père en ces termes: Je vous envoie à mon tour des députés. Ayez à leur remettre tous les prisonniers que vous avez en votre pouvoir, et dont le nombre monte à plus de trois mille; ou n'imputez qu'à vous seul les suites funestes de votre perfidie. En même temps il part de Spire, à dessein de repasser le fleuve. Le roi allemand n'attendit pas l'orage; il renvoya promptement tous les Gaulois qu'il avait enlevés dans ses incursions. Cette campagne couronna les succès de Julien dans la Gaule; et ces quatre années furent la partie la plus brillante de sa vie. L'hiver suivant, tandis qu'il se reposait des fatigues de la guerre dans des occupations plus tranquilles, mais qui n'étaient pas moins salutaires à la province, ses ennemis travaillaient à la cour à le désarmer pour le détruire. Leur malignité alla si loin quelle lassa la patience des soldats de la Gaule. Le César se vit forcé, du moins en apparence, d'accepter le titre d'Auguste, comme nous l'allons raconter.

[266] Ce lieu est encore nommé par Ammien Marcellin, l. 18, c. 2, Capellatius. Cet historien s'exprime ainsi: Cùm ventum fuisset ad regionem cui Capellatii vel Palas nomen est, ubi terminales lapides Alamannorum et Burgundiorum confinia distinguebant, castra sunt posita. Il est tout-à-fait impossible de faire connaître la position de cet endroit.—S.-M.

[267] Après de longues délibérations, libratis diu consiliis, Amm. Marc. l. 18, c. 2.—S.-M.

[268] Le canton possédé par ce roi était au-delà du Rhin, vis-à-vis le pays des Rauraces, cujus erat domicilium contra Rauracos (Amm. Marc. l. 18, c. 2), qui occupaient le pays de Bâle et une partie de l'Alsace méridionale ou du département du Haut-Rhin.—S.-M.

FIN DU DIXIÈME LIVRE.