[321] Eodem tempore Faustinam nomine sortitus est conjugem, Amm. Marc. l. 21, c. 6. Constance la laissa enceinte, en mourant, d'une fille qui fut mariée dans la suite avec Gratien, fils de Valentinien.—S.-M.

An 361.

XXIX. Constance se dispose à retourner contre les Perses.

Idat. chron.

Amm. l. 21, c. 6, et ibi Vales.

[Liban. Epist. 1301, ed. Wolf.]

Hier. in vita Hilarionis, t. 2, p. 18.

Baron. an. 362.

God. in Prosop. Cod. Th. t. 6, p. 365.

L'année suivante le consulat fut d'abord la récompense et enfin l'écueil de deux ambitieux, qui ne méritaient que des châtiments. Cette dignité avait été promise à Taurus, s'il venait à bout de corrompre les évêques assemblés à Rimini. Constance lui tint parole; il lui donna pour collègue Florentius, qui avait acheté les bonnes graces de l'empereur en traversant les desseins que Julien avait formés pour le soulagement de la Gaule. Taurus était déja préfet du prétoire d'Italie: Florentius venait d'être revêtu de la même charge en Illyrie, où il avait succédé à Anatolius. Leur fortune tomba, avant la fin de leur consulat, comme on le verra dans la suite. Constance qui se proposait de combattre cette année Sapor et Julien, faisait de très-grands préparatifs: il levait des milices dans toutes les provinces; il obligeait tous les ordres, toutes les conditions de contribuer pour la solde des troupes, et pour les fournitures d'habits, d'armes, de machines, de vivres et de chevaux. Il prodigua l'or et l'argent aux rois et aux satrapes d'au-delà du Tigre[322] pour les gagner. Arsace roi d'Arménie, et Méribanès roi d'Ibérie[323], étaient les plus à craindre, s'ils se fussent déclarés pour les Perses. Constance leur envoya des ambassadeurs chargés de riches présents. Hermogène, préfet d'Orient, étant mort, il nomma Helpidius en sa place. Celui-ci était de Paphlagonie: son extérieur n'avait rien d'avantageux; il s'énonçait mal, mais il était digne de sa fortune par sa droiture, par sa fermeté à rendre la justice, et par sa douceur. On dit qu'ayant reçu de la bouche même de Constance l'ordre de mettre à la torture un homme qu'il savait être innocent, il supplia instamment l'empereur d'accepter la démission de sa charge, et d'en revêtir quelqu'un qui fût plus propre que lui à exécuter des ordres de cette nature. Il paraît que cette généreuse franchise arrêta le cours de l'injustice. Helpidius fut ensuite dépouillé de sa dignité par Julien, qui ne put l'engager à renoncer au christianisme. Sa femme Aristénète ne fut pas moins illustre. Saint Jérôme en fait un grand éloge; et Libanius, trop ennemi des chrétiens pour rendre toujours justice à Helpidius, n'a pu refuser des louanges à cette épouse vertueuse.