Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 58.

Socr. l. 3, c. 1.

Theod. l. 3, c. 2.

Soz. l. 5, c. 2.

Theoph. p. 29.

Gallus approchait de vingt ans, et Julien en avait quatorze, lorsque Constance, défiant et jaloux, les fit tous deux conduire à Macellum, au pied du mont Argée, près de Césarée en Cappadoce. C'était un château du domaine impérial, orné de bains, de jardins, et de fontaines d'eau-vive. C'eût été pour ces princes un séjour délicieux, s'il n'eût pas été forcé, et si l'on ne leur eût pas retranché tous les agréments de la société. On les entretenait avec magnificence; ils étaient servis par un grand nombre de domestiques; mais on les gardait à vue comme des prisonniers; l'entrée était interdite à leurs amis, et à tous les jeunes gens de condition libre. Ils n'avaient de compagnons dans leurs exercices que leurs esclaves. L'étude aurait pu charmer leur ennui, et ils ne manquaient pas de maîtres en toute sorte de sciences. Julien s'en occupait avec plaisir; mais Gallus ne s'y prêtait que par contrainte: sans goût comme sans génie, il avait un fonds de dureté et de rudesse, qui s'accrut encore par cette éducation triste et solitaire.

XXVII. Différent succès des instructions chrétiennes données aux deux princes.

Il eut cependant le bonheur de profiter mieux que son frère des instructions chrétiennes qu'il reçut dans ce séjour. L'empereur avait eu soin de leur choisir des maîtres chrétiens qui, non contents de leur expliquer les livres saints et les dogmes de la foi, s'attachaient encore à les exercer aux pratiques de la religion. On leur inspirait le goût de l'office divin, le respect pour les personnes consacrées à Dieu ou distinguées par leur vertu; on les conduisait souvent aux sépultures des martyrs, qu'ils honoraient de leurs offrandes. On les fit même entrer dans le clergé: ils furent ordonnés lecteurs, et ils en firent ensuite la fonction dans l'église de Nicomédie. Julien, souple et dissimulé, se pliait à ces pieux exercices. Mais son caractère superbe, peut-être les premières insinuations de Mardonius, et plus encore la haine qu'il portait à Constance, qui lui procurait cette éducation chrétienne, entretenaient dans son cœur un secret penchant à l'idolâtrie. Il s'échappait même, quand il le pouvait faire sans courir le risque d'être démasqué; et dans les déclamations dont on l'occupait avec son frère, et qui roulaient quelquefois sur le parallèle des deux religions, il ne manquait jamais de laisser à Gallus la défense du christianisme, et se réservait de défendre la cause des dieux, sous prétexte qu'étant la plus mauvaise, elle était aussi la plus difficile à soutenir. Il la plaidait de si bonne foi, qu'il avait besoin de toute son hypocrisie pour étouffer les soupçons et les inquiétudes de ses maîtres. Mais s'il était assez habile pour les tromper, il n'en imposait pas à celui qui pénètre les replis des consciences; et Dieu fit connaître dès lors qu'il voyait le fond de son cœur. Les deux frères entreprirent de bâtir une église sur le tombeau de saint Mamas, célèbre martyr de Cappadoce. Ils partagèrent entre eux le soin de cet édifice, s'efforçant à l'envi de se surpasser en magnificence. Les travaux de Gallus ne rencontraient aucun obstacle; mais ceux de Julien étaient arrêtés et détruits par une main invisible. Tantôt ce qui était élevé s'écroulait tout à coup; tantôt la terre se soulevant repoussait les fondements qu'on y voulait asseoir. On fut obligé d'abandonner l'ouvrage, et le saint martyr sembla rejeter avec horreur les hommages d'un ennemi caché, qui devait un jour déclarer la guerre aux successeurs de sa foi et de son courage. Saint Grégoire de Nazianze offre de produire un grand nombre de témoins oculaires de ce prodige; et la mémoire en était encore récente du temps de Sozomène.

XXVIII. Gallus déclaré César.

Idat. chron. Buch. Cycl. p. 241, 251 et 253.