XI. Espions de Gallus.
Amm. l. 14, c. 1.
Liban. in Antiochico, t. 2, p. 387.
Dionys. Halic. l. 4.
Tac. ann. l. 4.
Dio-Cas. l. 58, t. 2, p. 887, ed. Reimar.
Treb. Poll. in Gallieno.
Ce premier crime fut comme le signal des plus énormes injustices. Le soupçon le plus léger attirait sans examen les plus cruelles disgraces. Plusieurs familles riches et illustres furent désolées. On en vint jusqu'à ne plus observer les formes de justice, que les tyrans même ont coutume de respecter. Il n'était plus besoin d'accusation ni de jugement: un ordre du prince, sans autre procédure, tenait lieu d'une condamnation juridique. Gallus et Constantine, comme s'ils eussent cherché à multiplier les coupables, envoyaient sous main des inconnus dans tous les quartiers d'Antioche, pour recueillir et leur rapporter les discours des habitants. Ces ames vénales et perfides s'insinuaient dans tous les cercles, pénétraient sous l'habit de mendiants dans les maisons les plus considérables, concertaient ensemble leurs mensonges; et se rendant au palais par des entrées secrètes, ils envenimaient ce qu'ils savaient, supposaient ce qu'ils ne savaient pas, et n'omettaient que les louanges qu'ils entendaient quelquefois donner au prince par des gens plus circonspects que sincères. Cette sourde inquisition jetait la défiance dans les familles, elle inquiétait le commerce le plus intime; et ces rapports infidèles produisaient souvent des scènes sanglantes. Gallus, non content de mettre en œuvre, comme Tarquin le Superbe et Tibère, ces indignes ressorts de la politique, faisait lui-même, ainsi que Gallien, le honteux métier d'espion. Travesti et accompagné de quelques confidents armés d'épées sous leur robe, il courait le soir les cabarets et les rues de la ville; et se mêlant parmi la populace il demandait à chacun ce qu'il pensait du prince. Mais comme Antioche était pendant la nuit éclairée par des lanternes publiques, ayant été plusieurs fois reconnu, il s'abstint enfin de cette curiosité indécente et périlleuse.
XII. Thalassius tâche en vain de le contenir.
Amm. l. 14, c. 1.