Amm. l. 14, c. 7.

Liban. vit. t. 2, p. 34.

Aur. Vict. de cæs. p. 180.

Eutr. l. 10.

Zon. l. 13, t. 2, p. 18.

Les alarmes que donnaient ces Barbares passaient avec eux, et ne s'étendaient qu'à quelques contrées. Mais un mal perpétuel, attaché, pour ainsi dire, aux entrailles, et qui se faisait sentir à tous les membres, c'était le prince même qui gouvernait cette partie de l'empire. Gallus, ayant rapidement passé d'un état d'oppression à la dignité de César, devint tyran dès qu'il ne fut plus captif. Ebloui de la splendeur de sa naissance, à laquelle sa double alliance avec l'empereur ajoutait un nouvel éclat, héritier présomptif de tout l'empire, il agissait déja en maître absolu. Dépourvu de lumières, et d'autant plus attaché à son sens, il aimait la flatterie; son goût pour les éloges allait jusqu'à obliger quelquefois les sophistes à prononcer devant lui son propre panégyrique. Libanius fut redevable de la vie à ce mauvais usage qu'il faisait de son éloquence. Accusé faussement de plusieurs crimes, il trouva le prince qu'il avait loué équitable pour cette fois; son accusateur qui s'était cru assez fort devant le César, étant renvoyé aux tribunaux ordinaires, n'osa s'y présenter. Le penchant de Gallus à la cruauté se fit d'abord connaître dans les spectacles de l'amphithéâtre: plus ils étaient sanglants, plus on voyait éclater sa joie. Une si funeste inclination attira bientôt autour de lui un essaim de délateurs. Ces artisans de calomnie imputaient à ceux qu'ils voulaient perdre, tantôt des complots criminels, tantôt des opérations magiques, qui supposent autant d'imbécillité dans le prince qui les craint, que dans le scélérat qui les tente.

X. Méchanceté de Constantine.

Amm. l. 14, c. 1.

Liban. epist. 604, ad Chromat. et 320, ad Clemat. ed. Wolf.

Constantine, fille et sœur d'empereurs, veuve d'un roi, décorée du nom d'Auguste, avait apporté à Gallus avec l'orgueil de tant de titres une ame cruelle, et des conseils pernicieux. C'était une furie altérée de sang humain. Aussi avare qu'impitoyable, elle vendait la conscience de son mari et la vie des plus innocents. Clématius d'Alexandrie, homme vertueux, qui avait été gouverneur de Palestine, fut sollicité par sa belle-mère embrasée d'un amour incestueux, et la rebuta. Cette femme criminelle s'introduisit secrètement chez Constantine; elle lui fait présent d'un collier de grand prix, et elle obtient un ordre adressé à Honoratus, comte d'Orient, de faire condamner Clématius à la mort, sans lui permettre de se défendre. Les mauvais juges ne sont pas rares sous les mauvais princes; l'ordre ne fut que trop fidèlement exécuté.