[18] Les Chinois eux-mêmes venaient commercer dans ce lieu. Car c'est eux qu'Ammien Marcellin désigne sous le nom de Sères. Ad commercenda quæ Indi mittunt et Seres. Voyez ce que j'ai dit au sujet des relations des Chinois avec les Romains, dans mes Mémoires historiques et géographiques sur l'Arménie, t. 2, p. 30 et suivantes.—S.-M.

[19] Ce fleuve, nommé par les Arabes Khabour, traverse la Mésopotamie et se jette dans l'Euphrate.—S.-M.

VIII. Courses des Sarrasins.

Amm. l. 14, c. 4.

Ptol. Geog. l. 6, c. 7.

Cellar. l. 3, c. 14, p. 586.

Du côté de l'Arabie les Sarrasins, que les Romains n'auraient voulu avoir ni pour amis à cause de leur perfidie, ni pour ennemis à cause de leur valeur, fondaient comme des oiseaux de proie sur toutes les contrées voisines. Leur promptitude à se montrer et à disparaître rendait également la précaution impossible et la poursuite inutile. Cette nation, depuis si fameuse, et dont les Romains n'avaient appris le nom que du temps de Marc-Aurèle, avait d'abord habité un canton de l'Arabie Heureuse. Ensuite devenue très-puissante, elle donna son nom à tous les Arabes qu'on appelait Nomades ou Scénites, parce qu'ils étaient errants, et qu'ils n'avaient pour demeures que des tentes[20]. Ils s'étendaient alors le long du golfe, tant du côté de l'Egypte que du côté de l'Arabie, jusqu'à l'Euphrate près de l'ancienne Babylone; et les diverses hordes d'Arabes, répandues depuis long-temps dans la Mésopotamie, s'étaient liguées avec eux. Les Sarrasins ne savaient ni conduire la charrue ni cultiver les arbres. Tous guerriers, courant sans cesse, nuds jusqu'à la ceinture, sans lois comme sans demeure fixe, ils ne vivaient que de leur chasse, d'herbages, et du lait de leurs troupeaux. La plupart ignoraient jusqu'à l'usage du pain et du vin. Ils montaient des chevaux fort vîtes ou des dromadaires. Les deux sexes étaient fort adonnés à l'amour: leur mariage n'était qu'un engagement passager pour le nombre d'années dont les deux époux convenaient. La femme apportait pour dot une lance et une tente: après le terme expiré elle était la maîtresse de s'engager ailleurs. Toujours en course avec son mari, ses enfants devenaient errants dès qu'ils étaient nés.

[20] Σχηνὴ, en grec signifie tente.—S.-M.

IX. Mauvaise conduite de Gallus.

[Julian. ad Athen. p. 271 et misop. p. 340.]