Zon. l. 13, t. 2, p. 19.

Gallus pressé par les lettres de l'empereur, était dans une grande inquiétude. Constance, pour diminuer sa défiance, avait en même temps prié Constantine avec beaucoup d'empressement et d'apparence de tendresse, d'accompagner Gallus, et de venir embrasser un frère qui souhaitait ardemment de la voir. Elle connaissait trop bien ce frère, et savait trop ce qu'elle méritait, pour se laisser tromper par ces caresses. Cependant ne voyant pas de meilleur parti à prendre, et espérant encore quelque grace pour elle et pour son mari, elle prit les devants. Comme elle marchait à grandes journées, la fatigue du voyage jointe aux alarmes dont elle était agitée, la fit tomber malade. Elle mourut à l'entrée de la Bithynie[24], laissant à Gallus une fille dont l'histoire ne dit plus rien. Son corps fut porté en Italie, et enterré près de Rome sur le chemin de Nomente, dans l'église de Sainte-Agnès, que son père avait fait bâtir à sa prière.

[24] Dans un lieu nommé par Ammien Marcellin, Cænæ Gallicanæ. ou Cænum Gallicanum. Il est question de cet endroit dans l'Itinéraire d'Antonin. On y voit qu'il était dans la Galatie, à vingt-un milles de Dadastana, et à dix-huit de Dablis en Bithynie.—S.-M.

XXVI. Gallus se détermine à partir.

Amm. l. 14, c. 11.

Gallus qu'elle avait rendu plus coupable, et dont elle était cependant la principale ressource, se trouva par sa mort dans un plus grand embarras. Il faisait réflexion que Constance était implacable; qu'il s'était accoutumé de bonne heure à ne pas ménager le sang de ses proches; et que ses feintes caresses n'étaient sans doute qu'un appas pour l'attirer dans le piége. Ce fut dans cette extrémité qu'il lui vint en pensée de s'affranchir de toutes ses craintes en prenant la qualité d'empereur. Mais il ne comptait pas assez sur ses principaux officiers, pour leur déclarer ce dessein: il savait qu'il en était haï comme cruel, méprisé comme faible et léger; et qu'au contraire, ils redoutaient le bonheur attaché à Constance dans les discordes civiles. Au milieu de ces violentes agitations, il recevait tous les jours des lettres de l'empereur: c'étaient tantôt des prières, tantôt des avis: on lui représentait l'état de la Gaule ravagée par les Barbares; que tout l'empire ne faisait qu'un corps; qu'en qualité de César il devait son secours à tous les membres: on lui rappelait l'exemple récent des Césars soumis à Dioclétien, qui toujours en action, toujours prêts à obéir, couraient sans cesse d'une extrémité de l'empire à l'autre. Enfin arriva Scudilon, qui, sous l'apparence d'une franchise grossière, cachait un esprit très-délié. Ce soldat courtisan, habile à composer son visage, mêlant la flatterie aux raisons, protestant d'un air de sincérité que Constance ne désirait rien tant que de l'embrasser, de calmer ses craintes, de lui faire part des lauriers qu'il allait cueillir en Gaule, comme il avait déja partagé avec lui sa majesté et sa puissance, acheva de rassurer Gallus.

XXVII. Il est arrêté à Pettau.

Amm. l. 14, c. 11.

Philost. l. 4, c. 1.

Till. not. 31.