Socr. l. 2, c. 34.

Soz. l. 4, c. 7.

Philost. l. 3, c. 28.

Acta Artemii.

Ces cruautés irritaient Constance. Persuadé que ce prince travaillait à se rendre indépendant, il crut n'avoir pas de temps à perdre pour le prévenir. Quelques auteurs accusent en effet Gallus d'avoir dès lors formé ce dessein; d'autres avec plus de vraisemblance le justifient de cette imputation: ils prétendent que c'était une calomnie inventée par les eunuques, concertée avec Dynamius et Picentius, hommes de néant, mais intrigants et ambitieux, et soutenue par Lampadius préfet du prétoire, qui cherchait à quelque prix que ce fût à se rendre maître de l'esprit de l'empereur. Julien dit que Constance abandonna son beau-frère à l'eunuque Eusèbe, son chambellan, et au maître de ses cuisines. Je suis porté à croire, suivant le récit d'Ammien Marcellin, que ce jeune prince, plus imprudent et plus féroce que politique et ambitieux, n'avait pas encore conçu ce dessein quand il en fut accusé; et que ce fut cette accusation même qui lui en fit naître une idée passagère, lorsqu'il se vit dans la nécessité d'exposer sa vie ou de se soustraire à l'obéissance. Quoi qu'il en soit, Constance fut si frappé de ce prétendu attentat, qu'il se croyait à peine en sûreté au milieu de sa cour: il tenait de fréquents conseils, mais toujours la nuit, dans le plus grand secret, avec ses confidents les plus intimes. Il s'agissait de décider si l'on ferait périr Gallus dans l'Orient même, ou si on l'attirerait en Italie, pour s'en défaire sans obstacle. On s'en tint au dernier parti, parce qu'il demandait moins d'éclat et de forces, et que s'il ne réussissait pas, il laissait encore la ressource de l'autre. Il fut donc arrêté que l'empereur, par des lettres pleines de douceur et d'amitié, presserait Gallus de venir à Milan pour traiter avec lui d'une affaire importante, qui demandait sa présence. Mais les adversaires d'Ursicin, entre autres Arbétion, qui de simple soldat était devenu général de la cavalerie en Occident, homme jaloux et ardent à nuire, et l'eunuque Eusèbe encore plus méchant, représentèrent que faire venir Gallus sans rappeler Ursicin, c'était laisser en Orient un ennemi beaucoup plus dangereux et plus capable d'y causer une révolution; que cet audacieux serait appuyé de deux fils adorés des troupes pour leur bonne mine et leur adresse dans les exercices militaires; que Gallus, quelque farouche qu'il fût par caractère, ne se serait jamais porté à de si coupables excès, s'il n'y eût été poussé par des traîtres qui abusaient de sa jeunesse, à dessein d'attirer sur lui l'exécration publique, et de faciliter à Ursicin et à ses enfants l'exécution de leurs projets. Ces discours envenimés trouvaient crédit dans l'esprit de l'empereur. Il mande Ursicin en termes très-honorables, sous prétexte de vouloir concerter avec lui les mesures à prendre contre les Perses qui menaçaient de la guerre: et pour lui ôter tout soupçon, il envoie en Orient le comte Prosper, chargé de le remplacer jusqu'à son retour, avec le titre de son lieutenant. Ce général, qui n'avait jamais formé d'autre projet que celui d'être fidèle à son maître, obéit sans délai et part pour Milan.

XXV. Mort de Constantine.

Amm. l. 14, c. 11; et l. 21, c. 1.

Jul. ad Ath. p. 272.

Philost. l. 4, c. 1.

Acta Artemii.