Jul. ad Ath. p. 277 et 278.

Lib. or. 10, t. 2, p. 272.

Cassiod. l. 1, ep. 34.

Alsat. Illust. p. 398 et seq.

Sa première campagne fut un glorieux apprentissage. C'était dans la Gaule un usage ancien, et qui subsista long-temps après, que les armées ne se missent en mouvement que vers le solstice d'été. Julien était encore à Vienne, lorsqu'il apprit que la ville d'Autun [Augustodunum] venait de courir le risque d'être prise et saccagée. Cette ville était grande; mais elle n'avait pour toute défense qu'une vieille muraille, prête à tomber en ruine. Les Barbares, maîtres de tous les dehors, labouraient paisiblement le territoire; et les habitants, bloqués depuis plusieurs mois, n'attendaient que le moment de pouvoir se réfugier ailleurs. Le voisinage de Julien, dont la réputation commençait à éclore, leur inspira plus de hardiesse. L'un d'eux, voyant un Barbare qui poussait sa charrue jusqu'au pied des murs, courut sur lui et l'enleva. Plusieurs autres en firent autant. Les ennemis irrités entreprennent d'escalader la ville à la faveur de la nuit. Au bruit qu'ils firent en plantant leurs échelles, un petit nombre de vétérans prend les armes, pendant que les autres soldats tremblaient de peur; et s'étant donné pour signal le nom de Julien, ils accourent à la muraille, tuent les uns, et précipitent les autres. Leurs camarades enhardis par cet exemple, repoussent les Barbares, et en massacrent un grand nombre. A cette nouvelle Julien, malgré les conseils de quelques lâches courtisans, se met en campagne avec ce qu'il avait de troupes; il arrive à Autun le 24 de juin; et sans s'y arrêter, il poursuit les Barbares qui se retiraient, résolu de les combattre à la première occasion.

XVIII. Marches de Julien jusqu'à Rheims.

De plusieurs routes qu'on lui proposait[79], il préféra la plus courte, quoiqu'elle fût la plus périlleuse à cause des forêts qu'il fallait traverser. Mais il entendait dire que Silvanus y avait passé l'année précédente, et il se faisait un point d'honneur de ne pas céder en courage à ce brave guerrier. Ne prenant avec lui que des troupes légères[80], il gagne promptement Auxerre [Autosidorum]. Les Barbares campaient dans le voisinage; il les amusa quelque temps pour faire reposer sa troupe, et pour donner au reste de son armée le temps de le rejoindre. Les ennemis ayant pris la route de Troyes [Tricassæ], il continue de les poursuivre; et comme il était inférieur en nombre, il supplée à ce désavantage par la bonne conduite, et montre déja toute l'habileté d'un vieux capitaine. Toujours sur ses gardes, il faisait si bonne contenance, que les Barbares revenant sur lui de temps en temps, et le chargeant tantôt à droite, tantôt à gauche, ne purent jamais l'entamer. Il les prévenait avec ses troupes légères dans tous les postes avantageux qui se trouvaient sur la route, et leur disputait tous les passages. Après les avoir long-temps harcelés, comme ils doublaient le pas et que ses troupes pesamment armées perdaient haleine, il fut obligé d'abandonner la poursuite. Ces petits avantages rendaient peu à peu le cœur aux soldats; et pour exciter leur hardiesse par l'intérêt, il promit récompense à quiconque lui apporterait la tête d'un ennemi. Après une marche assez périlleuse, il vint à Troyes, où il était si peu attendu, qu'il eut peine à s'en faire ouvrir les portes: on prenait d'abord sa troupe pour un corps de Barbares. Il ne s'y arrêta que pour donner quelque repos à ses soldats; et continua sa marche jusqu'à Rheims [Remi], où il avait marqué le rendez-vous de toute l'armée. C'était Marcellus qui la commandait en la place d'Ursicin, quoique celui-ci eût ordre de rester en Gaule jusqu'à la fin de la guerre.

[79] Aliis per Arbor..... quibusdam per Sedelaucum et Coram iri debere firmantibus. Amm. Marcel., l. 16, c. 2. J'ignore quel lieu désigne le nom tronqué Arbor........ Sedelaucus est Saulieu, petite ville du département de la Côte-d'Or, à six lieues d'Autun. Cora, répond au village de Cure sur la rivière du même nom, entre Autun et Nevers.—S.-M.

[80] Adhibitis cataphractariis solis et balistariis. Amm. Marc. l. 16, c. 2.—S.-M.

XIX. Combat de Bruma [Brocomagus].