[376] Cette date est fournie par une loi insérée dans le code Théodosien.—S.-M.
[377] Selon Théophanes (p. 45), il arriva à Antioche dans le mois d'Hyperberetœus. C'est le nom macédonien que les Grecs de Syrie donnaient au mois d'octobre.—S.-M.
[378] Ils firent contre lui des chansons, des satires et des libelles, ἀλλ' ἀπέσκωπτον αὐτὸν ῳδαῖς καὶ παρῳδίαις καὶ τοῖς καλουμένοις φαμώσσοις, c'est ce qu'on apprend d'un fragment de l'historien Jean d'Antioche, qui a été conservé dans les extraits de l'empereur Constantin Porphyrogénète. Voyez Excerpt. de Virt. et Vit., par H. Valois, p. 845. La cession de Nisibe, qui rendait leur ville plus exposée aux attaques des Perses, avait animé les Antiochéniens contre le nouvel empereur.—S.-M.
XXII.
Il se propose de rétablir la concorde dans ses états.
Greg. Naz. or. 4, t. 1, p. 134.
Liban. vit. t. 2, p. 46, et or. 10, p. 327.
Socr. l. 3, c. 24.
Philost. l. 8, c. 6.
Jusqu'ici nous avons vu Jovien uniquement occupé à terminer une entreprise dont il n'était pas l'auteur. Si l'on blâme sa conduite, on doit faire réflexion que rien n'est si difficile que de suivre un projet compliqué, que l'on n'a pas conçu soi-même, et dont on n'a pu combiner tous les incidents et préparer toutes les ressources. Nous l'allons voir agir maintenant d'après lui-même; sa bonté et sa prudence ne laisseront rien à désirer: et si sa retraite peu honorable fait penser qu'il a régné trop tôt, la sagesse de son gouvernement doit faire regretter que son règne n'ait pas été de plus longue durée. Le changement de souverain causait dans tous les esprits une agitation dangereuse. Les païens, frappés de terreur, tremblaient aux approches d'un prince qui, dès le premier moment de son règne, avait annoncé son attachement au christianisme. Plusieurs d'entre eux, abandonnant leurs autels et leurs sacrifices, et redoutant les chrétiens plus que les Perses, prenaient la fuite, et s'allaient cacher dans les plus profondes retraites. La conduite du commun des chrétiens ne contribuait pas à calmer ces alarmes. Les théâtres, les places publiques retentissaient de leur joie et de leurs menaces. Ils abattaient les autels; ils fermaient les temples; quelques-uns même, animés d'un faux zèle, formaient des projets sanguinaires; et, s'il en faut croire Libanius, ce rhéteur n'évita d'être assommé, que parce qu'il fut averti du complot tramé contre sa vie. C'était cet esprit de vengeance, si contraire aux maximes de l'Évangile, que voulait étouffer saint Grégoire de Nazianze, lorsque, après avoir montré les effets de la colère divine dans la punition de Julien, il exhortait les fidèles à la douceur et au pardon des injures, et qu'il les invitait à ne pas perdre, par des représailles illégitimes, le mérite de leurs souffrances. D'autre part, les diverses sectes hérétiques, qui étaient demeurées sans action, tant qu'elles avaient été resserrées et pressées avec l'église catholique par une violence commune, s'agitant au premier moment de relâche, se divisaient de nouveau d'avec elle: réunies contre la vérité, elles se déchiraient mutuellement: chacune d'elles tâchait de prévenir le prince et de le séduire.