XXIII.

Sa conduite à l'égard des païens.

Them. or. 5, p. 67-70, et or. 7, p. 99.

[Liban. vit. t. 2, p. 46.]

Eunap. in Max. p. 58, t. 1, ed. Boiss.

Suid. in Ἰοβιανός.

Joann. Ant. ap. Vales. excerp. de virt. et vit., p. 844 et 847.

Dans ce mouvement général de toutes les humeurs de l'empire, Jovien rassura les païens en déclarant, par une loi, qu'il laissait à chacun le libre exercice de sa religion. Il fit rouvrir les temples: il permit les sacrifices; mais il défendit les enchantements et les cérémonies magiques. Cette liberté procura au christianisme un double avantage; elle ramena au sein de l'église ceux qui n'en étaient sortis que par crainte, et elle laissa au paganisme ceux qui ne s'en seraient détachés que par hypocrisie. La conviction, unique sorte de contrainte que la religion connaisse, fit seule des chrétiens; elle n'en fit que de véritables, elle en fit en plus grand nombre, parce qu'elle n'eut point à combattre la haine et l'opiniâtreté qu'inspirent les persécutions et les supplices. Les philosophes, voyant leur règne passé, s'étaient bannis de la cour. Ils n'y régnèrent plus en effet; mais Jovien leur permit d'y reparaître, pourvu qu'ils se dépouillassent de ce qu'il y avait de singulier dans leur extérieur. Il continua même de les honorer. Il est vrai qu'il ne put les mettre à couvert du mépris des courtisans, toujours prompts à fouler aux pieds les anciens favoris. Un ennemi de Libanius conseillait au prince de se défaire de ce rhéteur, qui ne cessait de pleurer la perte de Julien. Un meilleur conseil fit entendre à Jovien que ces larmes impuissantes lui faisaient beaucoup moins de tort, que n'en ferait à sa gloire le sang d'un malheureux sophiste. Ce que des auteurs anonymes ou inconnus racontent du temple de Trajan, brûlé dans Antioche par la femme et les concubines de Jovien, ne mérite pas une réfutation sérieuse.

XXIV.

A l'égard des catholiques.