Amm. l. 26, c. 1.

Zos. l. 3, c. 36.

Philost. l. 8, c. 8.

Zon. l. 13, t. 2, p. 29.

L'armée étant venue à Nicée, les officiers du premier ordre tinrent conseil pour élire un empereur: ils s'accordaient tous à chercher une sagesse consommée et un mérite reconnu. Plusieurs d'entre eux, éblouis par l'ambition, croyaient voir ces qualités en eux-mêmes. Mais, pour le bonheur de l'empire, leur amour-propre ne trouva pas assez de partisans. Selon Zosime, ce fut en cette occasion que Salluste Second eut l'honneur de refuser le diadème: il s'excusa sur sa vieillesse; et comme on lui demandait son fils, il répondit que son fils était trop jeune, et que d'ailleurs il ne le croyait pas né pour cette place éminente. Quelques-uns proposèrent Équitius, qui commandait une compagnie de la garde des empereurs[399]; d'autres Januarius, intendant des armées d'Illyrie[400]. Ils furent tous deux rejetés: le premier, comme étant d'un caractère dur et grossier; l'autre, parce qu'il était trop éloigné et trop peu connu. Mais les généraux les plus estimés, tels que Salluste Second, Victor, Arinthée, Dagalaïphe se déclarèrent hautement en faveur de Valentinien, commandant de la seconde compagnie des écuyers de la garde. Leur voix fut appuyée d'une lettre du patrice Datianus, qui avait été consul en l'année 358: c'était un vieillard d'une grande considération. La rigueur de l'hiver l'avait obligé de s'arrêter dans Ancyre, où Jovien avait aussi laissé Valentinien, avec ordre de le suivre dans peu de jours. Des suffrages d'un si grand poids entraînèrent ceux de toute l'armée. On dépêcha sur-le-champ des courriers à Valentinien, pour le prier de se rendre en diligence à Nicée. Pendant l'interrègne qui dura dix jours[401], Équitius assez généreux pour voir dans le nouveau prince, non pas un rival heureux, mais un maître légitime, travailla de concert avec Léon, trésorier des troupes[402], à maintenir l'élection, et à fixer l'inconstance naturelle des soldats. Ces deux officiers étaient compatriotes et zélés partisans de l'empereur désigné[403].

[399] Scholæ primæ scutariorum etiamtum tribunus. Amm. Marc. l. 26, c. 1.—S.-M.

[400] Curantem summitatem necessitatum castrensium per Illyricum. Ce Januarius était parent de Jovien. Joviani adfinem. Amm. Marc. l. 26, c. 1.—S.-M.

[401] Diebus decem nullus imperii tenuit gubernacula. Amm. Marc. l. 26, c. 1. Philostorge (l. 8, c. 8) dit que l'interrègne avait été de douze jours, ἡμερῶν διαγενομένων δώδεκα. Cet interrègne avait été prédit à Rome par l'aruspice Marcus, si l'on en croit Ammien Marcellin.—S.-M.

[402] Leo adhuc sub Dagalaipho magistro equitum rationes numerorum militarium tractans. Amm. Marc. l. 26, c. 1.—S.-M.

[403] Ils étaient Pannoniens comme lui, ut Pannonii fautoresque principis designati, dit Ammien Marcellin, l. 26, c. 1.—S.-M.