VI.

Il est proclamé par les soldats.

Amm. l. 26, c. 1 et 2.

Vict. epit. p. 229.

Idat. chron.

Chron. Alex. vel Paschal. p. 300.

Till. Valent. not. 4.

Si l'on en croit Aurélius Victor, Valentinien fit quelque difficulté d'accepter l'empire[411]. Il arriva à Nicée le 24 de février, et ne voulut pas se montrer aux troupes le lendemain. C'était, selon Ammien Marcellin, un effet de superstition; parce que ce jour était le bissexte que les Romains mettaient au nombre des jours malheureux[412]. Peut-être ce délai n'était-il qu'une suite de sa résistance. Le préfet Salluste était instruit de plusieurs sourdes intrigues; il savait que quelques-uns des généraux n'avaient consenti qu'à regret à l'élection, et qu'ils n'avaient pas renoncé au dessein de la traverser. Pour faire avorter ces projets, et prévenir les troubles qui pourraient s'élever dans l'assemblée où Valentinien devait être proclamé, Salluste, ayant réuni le soir du 25 tous les officiers d'un grade supérieur, les engagea à convenir ensemble que nul d'entre eux, sous peine de mort, ne sortirait le lendemain matin de la maison où il était logé. Ceux mêmes contre qui l'on prenait une précaution si extraordinaire, n'osèrent la contredire pour ne pas se démasquer: ils passèrent la nuit dans l'inquiétude et dans l'attente de quelque changement qui leur serait favorable. Leurs espérances s'évanouirent bientôt. Au point du jour, les troupes se rendirent dans une plaine aux portes de Nicée. Valentinien, s'étant présenté, monta avec la permission de l'assemblée sur un tribunal élevé, et fut proclamé Auguste tout d'une voix. On ceignit sa tête du diadème, on le revêtit des ornements impériaux, au bruit des acclamations réitérées. Il était âgé de quarante-trois ou quarante-quatre ans[413].

[411] Valentiniano resistenti. Aurel. Vict. epit. p. 229.—S.-M.

[412] Long-temps avant la réforme opérée dans le calendrier romain par Jules César, l'usage était établi de placer le mois intercalaire appelé mercedonius, et toutes les intercalations ordinaires on extraordinaires, après le jour du régifuge, c'est-à-dire le 23 février; par ce moyen toute intercalation se trouvait de droit incluse dans le mois de février, car lorsque toute la durée du mois intercalaire était épuisée, on recommençait à compter le mois de février. C'est pour se conformer à cet usage que Jules César, pour régulariser l'année romaine, plaça le jour d'excès qui se trouve tous les quatre ans, non pas à la fin du mois de février, mais avant le sixième des calendes de mars (24 février), et c'est de là que vient le nom de bissextil donné à ce jour.—S.-M.