XIV.
Maladie des deux princes.
Amm. l. 26, c. 4.
Zos. l. 4, c. 1.
Eunap. in Max. t. 1, p. 58 et 59 ed. Boiss.
Till. Valent. not. 13.
Une fièvre violente, survenue en même temps aux deux empereurs, les tint dans l'inaction pendant plusieurs jours[421]. La mémoire de Julien leur était odieuse: ils soupçonnèrent les amis de ce prince d'avoir employé contre eux des maléfices: ces craintes frivoles leur étaient inspirées par les favoris de la nouvelle cour, qui avaient soin de les répandre parmi le peuple de Constantinople. La prévention alla si loin, que les empereurs ordonnèrent à ce sujet des informations juridiques, dont ils chargèrent le questeur Juventius[422], et Ursacius, grand-maître des offices; celui-ci était un Dalmate dur et cruel. Valentinien en voulait surtout à Maxime, il n'avait pas oublié les mauvais services que ce philosophe fanatique lui avait rendus auprès de Julien. Maxime fut donc amené prisonnier à Constantinople, avec Priscus qui avait partagé avec lui les bonnes graces du défunt empereur. Après un sévère examen, Priscus fut reconnu innocent et renvoyé dans l'Épire sa patrie. Mais le peuple et les soldats étaient déchaînés contre Maxime. Il fut appliqué à la torture, et quoiqu'on n'eût découvert aucun indice du crime qu'on lui imputait, cependant comme on le soupçonnait d'avoir profité de sa faveur passée pour amasser de grandes richesses, on le condamna, selon Eunapius, à une amende que toute la philosophie de ce temps-là n'aurait pu acquitter. On fut obligé de la réduire à une somme modique. Pour la recueillir, on lui permit de retourner en Asie.
[421] Selon Ammien Marcellin, ils furent long-temps malades, constricti, dit-il, l. 26, c. 4, rapidis febribus imperatores ambo diu.—S.-M.
[422] Ammien Marcellin l'appelle Juventius Siscianus.—S.-M.
XV.