Procédures rigoureuses contre les prétendus magiciens.
Amm. l. 26, c. 3.
Hieron. vit. Hilarionis, t. 2, p. 22.
Cassiod. Var. l. 3, ep. 51.
Cod. Th. l. 9, tit. 16, leg. 11; l. 13, tit. 5 et 6; l. 14, tit. 2, 3, 4, 15, 17, 21, et 22; l. 15, tit. 1.
Cod. Just. l. 1, tit. 28, leg. 1.
Les prestiges de ces prétendus magiciens qui avaient peuplé la cour de Julien, avaient répandu dans tout l'empire un soupçon de sortilége. On attribuait à la magie les accidents les plus naturels. On recherchait avec empressement la connaissance d'un art si merveilleux. Apronianus, que Julien étant en Syrie avait envoyé à Rome pour y exercer la charge de préfet, ayant perdu un œil dans ce voyage, se persuada que c'était l'effet d'un maléfice. Prévenu de cette idée, il n'eut pas plus tôt appris la mort de Julien, qu'il fit une exacte recherche de tous ceux qui étaient soupçonnés de magie. Il ne manqua pas de trouver beaucoup de coupables. Il les fit arrêter et appliquer à la torture au milieu de l'amphithéâtre, à la vue du peuple toujours avide de ces spectacles cruels. Après les avoir forcés d'avouer leur crime et de révéler leurs complices, il les faisait mettre à mort. Cette sévérité, animée par la vengeance, vint à bout de purger Rome d'un grand nombre d'imposteurs ou de scélérats imbéciles, qui prenaient eux-mêmes pour des sortiléges les poisons dont ils faisaient usage. On remarqua entre les autres un cocher du cirque nommé Hilarinus, qui fut convaincu d'avoir envoyé son fils encore jeune à l'école d'un magicien, pour y apprendre le secret de vaincre ses concurrents. On était persuadé dans ce siècle, que plusieurs cochers du cirque avaient recours à la magie pour donner de la vitesse à leurs chevaux, et pour arrêter ceux de leurs adversaires. Hilarinus fut condamné à perdre la tête; et comme on le conduisait à la mort, s'étant échappé des mains des bourreaux et réfugié dans une église, il en fut tiré par force et exécuté. Cependant cet entêtement criminel ne céda pas entièrement à la rigueur des supplices. Quelques années après, on convainquit un sénateur d'avoir mis un de ses esclaves entre les mains d'un maître de magie, qui s'était chargé de l'instruire de ses secrets. Ce sénateur se garantit, à force d'argent, de la peine qu'il méritait, et il affecta même, dit Ammien Marcellin, témoin oculaire, d'insulter à ses juges par la pompe de ses équipages et par un éclat insolent et scandaleux. Au reste, Apronianus, ce juge sévère, prit de si justes mesures pour entretenir l'abondance dans Rome, que tant qu'il fut préfet, on n'entendit aucun de ces murmures si ordinaires dans cette ville séditieuse. Ce fut aussi dans la suite un des principaux soins de Valentinien. On le voit dans ses lois occupé sans cesse de la quantité et de la qualité des subsistances de Rome, et très-attentif à protéger les compagnies chargées de l'approvisionnement.
XVI.
Premières lois des deux princes.
Cic. in Verr. l. 4. c. 10.