Elias Cretensis et Nonnus in or. 4.

Greg. Naz.

Chrysost. de Sto Babyla et contra Jul. et Gent. t. 2, p. 575 et passim.

[Soz. l. 5, c. 19.]

Theod. l. 3, c. 21 et 22.

Baron. in ann. 362.

Till. pers. art. 7.

Fleury, hist. eccles. l. 15, c. 33.

Son acharnement contre le christianisme ne lui faisait pas perdre de vue la guerre qu'il avait projetée. Loin qu'un de ces objets pût le distraire de l'autre, il savait les faire concourir. On enrôlait les clercs et les moines. Ceux-ci lui étaient surtout odieux; et quoique leur extérieur n'eût rien de plus singulier que celui de l'empereur même et des philosophes qui remplissaient sa cour, ils étaient l'objet perpétuel de ses mépris et de ses railleries. Ils n'osaient sortir de leurs déserts; on allait les enlever jusque dans leurs retraites pour les forcer au service. Cependant l'empereur cherchait dans sa superstition des présages de victoire; il inondait les autels du sang des victimes; il égorgeait quelquefois cent taureaux ensemble, un nombre infini d'animaux de toute espèce, et des oiseaux rares qu'il faisait rassembler de toutes les contrées; en sorte que les dépenses des sacrifices étaient énormes. La folle dévotion du prince altérait même la discipline militaire. Les soldats qu'il nourrissait de la chair des animaux immolés, s'en remplissaient avec excès dans les temples, et buvant sans mesure il fallait les porter comme morts à leur quartier, au grand scandale de la religion païenne. Ce désordre était surtout très-commun parmi les soldats gaulois, qui se donnaient plus de licence, parce que Julien leur devait l'empire[26]. On voyait de toutes parts une multitude d'astrologues, d'aruspices, d'augures, d'interprètes de songes, d'imposteurs de mille ordres différents. Julien qui n'en trouvait pas encore assez à son gré, fit déboucher la source prophétique de la fontaine de Castalie[27]. On disait que le souffle qui s'élevait de son sein animait les prêtres, et que le murmure de ses eaux les instruisait des événements futurs. C'était par cet oracle qu'Hadrien avait autrefois appris qu'il parviendrait à l'empire; mais il avait fait combler cette source d'une masse énorme de pierres, dans la crainte qu'elle ne fût par la suite assez indiscrète pour lui nommer un successeur. Plusieurs pères de l'église accusent Julien d'avoir encore employé pour pénétrer les secrets de l'avenir d'autres pratiques, qui dans les mœurs de ce prince seraient incroyables, si cette curiosité insensée n'avait été trop souvent cruelle et meurtrière. Ils rapportent qu'il fit jeter pendant la nuit quantité de cadavres dans l'Oronte; et qu'après sa mort on trouva dans le palais d'Antioche des réservoirs, des fosses, des puits comblés de victimes humaines qu'il avait immolées dans les affreux mystères de la nécromancie.

[26] Petulantes ante omnes et Celtæ, quorum eâ tempestate confidentia creverat ultra modum. Amm. Marc., l. 22, c. 12.—S.-M.